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Un accident nucléaire coûterait moins cher que l’abandon de cette source d’énergie.

mercredi 3 avril 2013, par PH

Nous sommes malheureusement habitués dans le domaine du nucléaire, à
la publication de données scientifiques partielles et contestables ,
sans aucune analyse de la part de ceux qui la diffusent. Ainsi pendant
la campagne électorale, il y eu l’intox sur un éventuel excès de
leucémies autour des centrales nucléaires, alors qu’il n’y avait
aucune corrélation sur une longue période.

Ne pouvant plus faire reposer la peur d’un accident nucléaire sur la
crainte de l’irradiation des populations, les japonais ayant reçu des
doses très faibles à Fukushima, la critique de cette source d’énergie
s’est repliée sur les conséquences économiques. Le milieu antinucléaire
suivi, comme d’habitude, par les grands journaux a donc recopié sans
analyse et sans réflexion la communication de Patrick Momal au congrès
Eurosafe de novembre 2012. Pourtant une communication n’est pas une
publication scientifique validée par des pairs. Nous nous efforcerons
de la décrypter.

Un accident nucléaire : pas l’apocalypse, mais des coûts indirects

Cette étude montre que le coût d’un accident repose majoritairement
sur la peur du nucléaire : pertes sur le tourisme, les doutes sur la
production agricole donc sur les exportations de ce secteur, l’arrêt
prématuré des autres réacteurs. Cette dernière hypothèse, qui entraîne entre 21 et 37% des coûts, n’est pas réaliste en France : comme le montre l’exemple du Japon après Fukushima prêt à redémarrer ses réacteurs, un pays dépourvu de ressources fossiles ne réagit comme les Etats-Unis après TMI, et ce sera encore plus vrai dans la crise énergétique qui commence.

Une choix de mesure incompréhensible pour l’opinion.

Patrick Momal, évalue le coût d’un accident nucléaire majeur comme celui de Fukushima à 430 milliards d’euros. Il a choisi de le mesurer par une perte de 20% du PIB, c’est un choix contestable : on laisse penser que l’évacuation de 100 000 personnes serait assimilable à la crise des années trente. Comment pourrait-elle sembler plus grave que le rapatriement d’urgence d’un million de nos concitoyens menacés en 1962 ? La mesure en point de PIB concentre des coûts en capital, des pertes sur plusieurs années à une perte de production annuelle. Les crises boursières des dernières décennies ont fait disparaître plus de 400 milliards d’euros en France, sans de tels diminution du PIB. De même, la diminution de la durée de vie des autres réacteurs et la perte des logements dans la zone évacuée n’impacte pas le PIB de l’année. L’ impact sur le tourisme probablement mesuré sur plusieurs années devrait plutôt nous faire réfléchir sur l’importance de ce secteur par rapport à l’industrie. La meilleure description serait d’expliquer les effets sur plusieurs années. Si on veut résumer. Il aurait mieux vallu ramener 430 milliards d’euros au stock net de capital évalué à 7000 milliards d’euros.

Seul le scénario irréaliste a été retenu

Patrick Momal avait donné deux scénarios d’accident, nous aurions pu
faire les mêmes remarques pour le second, dans lequel les rejets
étaient limités et où, seuls 3500 personnes étaient évacués. Beaucoup
moins grave économiquement il n’a pas retenu l’attention. Pourtant
c’était le seul réaliste, en effet pour avoir les rejets terrestres de
l’accident de Fukushima, il faut non seulement que l’accident ait
lieu, c’est à dire, qu’on arrive pas à évacuer la chaleur du réacteur
par l’une des cinq voies possibles à l’aide du débit d’une lance à
incendie, ce qui est hautement improbable ; mais en plus il faudrait
que le personnel et les secours restent sans rien faire. Or
contrairement à Fukushima, nos réacteurs sont placés dans une large
enceinte en béton dans laquelle seraient libérés les aérosols en cas de
fusion de cœur et alors la simple aspersion de l’enceinte permet de
de diminuer les rejets avant de passer les filtres à sable. : les rejets ne peuvent contaminer durablement que quelques kilomètres carrés autour du site.

Même en gonflant le risque, le nucléaire reste le meilleur choix

Alors que l’ on affole l’opinion en reprenant des chiffres contestables pour
justifier les promesses irresponsables d’un candidat à l’élection
présidentielle ; on a même pas remarqué que 120 ou 430 milliards d’euros, était toujours moins cher que l’abandon du nucléaire évalué à 780 milliards d’euros à partir des études le l’Union française de l’électricité de novembre 2011. Chiffre bien en accord avec des évaluations de la sortie du nucléaire en Allemagne, mais sous-estimé en cas d’aggravation de la crise pétrolière dans laquelle nous sommes entrés. Jusqu’où ira l’irresponsabilité des antinucléaires et des journaux de la pensée unique ?

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