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Lorsque le BRGM ne savait plus ce qu’était le pétrole

jeudi 14 octobre 2021, par PH

L’exploitation des huiles de roches mères a révolutionné l’économie du pétrole en repoussant depuis 2008, le pic pétrolier. Nommées malheureusement par l’anglicisme pétrole de schistes traduction de shale oil, ce qui chimiquement un pétrole plus léger a été confondu avec de la matière organique solide qui pourrait donner du pétrole par chauffage, le kérogène. En effet ce dernier est désigné en anglais par oil shale qui a donné l’anglicisme schistes bitumineux

Comment peut-on confondre ce qu’on pompe, avec ce que l’on ramasse à la pelleteuse ? C’est pourtant cet exploit qu’a réussi à réaliser le BRGM dans plusieurs présentations sur lesquelles, on peut toujours tomber en recherchant les ressources en pétrole :

Ces diapositives projetées à l’Union française de géologie le 9 juin 2011, mais aussi à la Fête de la science le 9 octobre 2013 à Orléans, visent à une évaluer la ressource en huile de roches mères comme indiqué en titre mais ... en partant d’un panorama des ressources en kérogène publié en 2010 dans les actes d’un colloque de l’American Chemistry Society ! [1]. Comme on le voit les commentaires correspondent à l’exploitation du document, avec des conversion en tonnes selon ce que l’on croît récupérable des ressources.

Les auteurs de l’article avaient eux même confondu les deux termes sur la carte. Mais le début de l’article était pourtant clair :

Il est probable que ces présentations ont fait naître alors un espoir exagéré en la ressource en huile de roches mères. Cette ressource a été correctement évaluée par Marc Blaizot en 2017 [2] à 1,5 Tb, en se basant sur les flux de matière organique. L’inventaire des ressources locales ne pourra être connu qu’à travers des forages d’exploration. Pour l’instant les agences pétrolières envisagent 300 à 500 Gb en ne prenant en compte que la moitié des bassins pétroliers et des taux conservateurs pour la récupération de l’huile emprisonnée.

Les huiles de roches mères ne pourront pas se développer aussi vite qu’aux États-Unis et n’empêcheront pas une crise pétrolière ces prochaines années, mais en adouciront les conséquences.


[1Emily Knaus, An Overview of Oil Shale Resources in Oil Shale : A Solution to the Liquid Fuel Dilemma ACS Symposium Series ; American Chemical Society.Washington, DC, 2010.

[2Bulletin de la société géologique de France, 2017,188,33