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La politique énergétique de François Hollande

mercredi 18 avril 2012, par PH

Une inflexion vers la maîtrise de la consommation d’énergie.

François Brottes, conseiller de François Hollande sur les question d’énergie s’est confié aux journalistes du Nouvel Observateur. La mesure importante du candidat est d’assurer la performance thermique d’un million de logements par an ; comme le font remarquer les journalistes de l’hebdomadaire : pour 400 000 logements neufs, cette mesure est déjà inscrite dans la prochaine réglementation thermique qui s’appliquera en .... janvier 2013. L’objectif concerne donc la rénovation de 600 000 logements par an dans le parc existant, elle se confond donc avec la mesure proposé par Olivier Sidler en 2005 de rénover le parc construit avant 1975, lors des mutations. Deux hypothèses se dessinent alors : on peut considérer que chacun de ces logements consomme en moyenne de l’ordre de 20 000 kWh en énergie finale par an. Si la mesure consiste à diviser par deux cette consommation, elle coûterait environ 20 000 euros par logement, sauf pour les usagers du gaz, elle serait pratiquement neutre économiquement, le gain serait alors de 6 TWh par an (-1% par an) ; si au contraire, il était envisagé de réduire la consommation d’un facteur 4, il faudrait une somme de 40 000 euros, le gain serait de 9 TWh mais il faudrait alors envisager un surcoût économique global de 12 G€ (milliards d’euros) par an, pratiquement la moitié de la croissance économique.

Pour trouver cette somme, François Brottes propose de faire appel au secteur de l’énergie. Celui peut se décomposer en trois marchés. Celui de l’électricité, avec un coût de production de l’ordre de 19G€/ an et un coût de transport de 16 G€ (RTE), ce secteur est déjà mis a contribution par le développement aberrant des renouvelables électriques (de 2 à 5 G€ par an de surcoût , sans compter ceux liés au réseau de transport). Cette politique a déjà entraîné déjà un manque à gagner cumulé de 7 G€ pour EDF, coincé entre les obligations d’achat de PV et d’éolien et les tarifs réglementés. Il semble difficile de rechercher des financement dans ce secteur, d’autant plus que le chauffage électrique a conduit déjà aux normes d’isolation les plus sévères. Le secteur pétrolier correspond à des importations nettes en 2011 de 50 G€, les carburants subissent déjà le prélèvement de la TIPP, il est difficile de taxer le fioul dont le prix a rejoint celui de l’électricité. On pourrait taxer le kérosène. Il reste, enfin, le gaz naturel, sa consommation dans les bâtiment correspond à un marché d’environ 15 G€, une augmentation de 50% l’alignerait sur le prix des autres modes de chauffage et dégagerait seulement la moité de la somme nécessaire à l’hypothèse de rénovation maximale.

Une tarification originale

Pour éviter tout gaspillage, François Brottes imagine une prix progressif de l’énergie. Le prix augmenterait rapidement au-delà d’une consommation de base. Contrairement à ceux qui définissent ce système comme une usine à gaz, il semble possible à partir des factures passées et des caractéristiques des logements d’obtenir ce qui devrait être pour chaque habitation une consommation sobre. En remettant les thermostats à 19°C. Ce système devrait faire baisser la consommation probablement jusqu’à 15 %. Globalement, par ces mesures de sobriété et d’efficacité au cours du quinquennat la consommation pourrait baisser dans les logements de 20 à 22% et non pas de 30 à 40 % comme l’annonce François Brottes. Ce serait en effet une inflexion dans la politique énergétique.

L’aveuglement antinucléaire.

Malheureusement, François Brottes s’obstine dans le développement du photovoltaïque individuel et de l’éolien , il a été pourtant démontré que ces sources ont une utilité négligeable pour un surcoût économique de 4 à 5 G€ par an. François Brottes pense que lorsqu’interviendra la résolution du problème de stockage ce sera « bingo » et bien non ce sera toujours dingo, car aucun système de stockage économiquement cohérent permet de pallier la saisonnalité du photovoltaïque, et pour l’éolien, nécessitant dix fois plus d’investissement physique que les filières nucléaires, il restera nécessairement plus cher à la production, il faudra donc payer son surcoût et celui d’un éventuel stockage

L’éventuelle fermeture de Fessenheim ou d’autres centrales irait à l’encontre des efforts d’économies engagés, ou d’éventuelles considérations de sécurité. Car la première réaction à une fermeture de centrale serait d’utiliser plus intensément le reste du parc nucléaire. Puis de remplacer la production nucléaire par une production par des centrales à gaz, ce qui entraînerait jusqu’à 6 milliards d’euros supplémentaires et une détérioration de la qualité de l’air par les émissions d’oxyde d’azote.

En décembre 2010, le land de Bade Wurtemberg a racheté à EDF ses parts dans EnBW qui possède 4 réacteurs nucléaires, le 12 mai 2011, l’écologiste antinucléaire Winfried Kretschmann pris la tête de cette région, il avait, au moins ,l’intelligence de vouloir financer ses projets d’énergies renouvelables, grâce à l’électricité produite par les quatre réacteurs nucléaires ; manque de chance, la Chancelière en ferma la moitié. De ce côté ci du Rhin, certains veulent fermer les réacteurs .... d’abord.

Comment s’enfermer dans des contradictions

On voit donc que le programme de François Hollande repose sur une contradiction économique : vouloir financer l’isolation par le secteur de l’énergie, en baissant ses revenus et en baissant sa production la plus rentable.

Comment en sortir

La solution pour baisser la consommation d’énergie sans effort financier ? : arrêter le rachat obligatoire de l’éolien et du photovoltaïque, et grâce au parc nucléaire historique, financer l’isolation. On sort ainsi du fossile au lieu d’y retourner. C’est pourtant simple à comprendre.

Messages

  • Confronté à la réalité, Hollade pourrait bien finir avec une politique "à la suédoise" (référendum de sortie en 1980, approbation donnée à la construction d’une nouvelle centrale en novembre 2011 - après que le bon peuple ait constaté la hausse des prix de l’électricité à laquelle avait conduit la fermeture d’un deuxième réacteur.
    Plua grave est la décrédibilisation de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (donnée en exemple par EL Baradei) à laquelle devrait conduire la fermeture de Fessenheim - avec pour tout argument que la plus ancienne est la plus dangereuse.

    Pierre Audigier

  • La hausse des prix de l’énergie est malheureusement le plus sûr moyen d’inciter les gens à consommer moins !
    Pierre Audigier

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