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COURS KEMPF, COURS !

Kempf dans le vide

jeudi 7 avril 2011, par PH

Hervé Kempf est le journaliste qui traite habituellement des questions énergétiques dans le pseudo quotidien de référence Le Monde. Le dernier article de Kempf ne nous fera pas changer d’idée sur l’inutilité de ce quotidien sur les questions d’environnement. Chacun pourra, en effet, apprécier dans cet article le luxe de détails techniques et économiques, qui permettent de cerner les problèmes évoqués. Car l’énergie et l’environnement , ce sont des affaires de chiffres. Le Monde n’est-il bon qu’à allumer le feu dans une cheminée ? :

« L’atome dans le vide

LE MONDE | 05.04.11 | .

La façon dont les "nucléaristes" réagissent à la catastrophe de
Fukushima fait penser à ces personnages de dessins animés qui continuent
à courir dans le vide alors qu’ils ont dépassé depuis longtemps le bord
de la falaise. Le rire surgit quand le personnage - le chat Tom, de /Tom
et Jerry/, est un spécialiste du genre - regarde en bas, se rend compte
qu’il est en l’air et chute sans rémission. Pour l’instant, nos
personnages continuent de courir. On voit ainsi M. Sarkozy, l’homme qui
voulait vendre un réacteur nucléaire à Mouammar Kadhafi, se rendre au
Japon pour, de manière indécente, vanter devant ses hôtes la sûreté du
réacteur EPR.

L’actuel président de la République ignore apparemment que, le 2
novembre 2009, les Autorités de sûreté française, britannique et
finlandaise ont /"chacune soulevé des questions techniques concernant le
système de contrôle-commande de l’EPR"/, comme l’indique leur communiqué
commun. A ce jour, la réponse d’EDF reste en examen. Le président semble
aussi ne pas avoir entendu M. Lacoste, directeur de l’Autorité de sûreté
nucléaire, évoquer, le 30 mars, un moratoire sur l’EPR en construction à
Flamanville (Manche).

Les Tom de la galaxie nucléaire craignent de comprendre que, puisque les
exigences de sûreté vont se durcir, le coût de l’électricité atomique va
fortement augmenter. Les citoyens vont alors se demander s’il ne
vaudrait pas mieux placer des ressources limitées dans d’autres paniers
que celui qui peut exploser. /"Les améliorations en termes d’efficacité
énergétique, réalisables pour beaucoup au moyen de solutions peu
coûteuses, offrent les plus grandes possibilités de réduire les
émissions de CO_2 . Ce devrait donc être la priorité à court terme."
/Qui écrit cela ? L’Agence internationale de l’énergie dans son rapport
"Perspectives des technologies de l’énergie 2010", paru à l’automne
2010. Dans le scénario de l’Agence permettant de réduire les émissions
de gaz à effet de serre en 2050, les économies d’énergie représentent 38
% de l’effort, le nucléaire 6 %. Est-il impossible d’imaginer porter les
économies d’énergie à 44 % ?

Mais plus encore que la discussion rationnelle, les Tom nucléaristes
abhorrent la démocratie. Or oyez : les partis sociaux-démocrates
allemand et autrichien ont annoncé, lundi 4 avril, qu’ils comptaient
lancer un référendum européen sur la sortie du nucléaire, selon les
modalités prévues par le traité de Lisbonne. Bonne idée ! Discutons
vraiment du nucléaire entre Européens plutôt qu’entre Français : après
tout, un accident dans un pays aurait des répercussions chez ses
voisins. Le nucléaire ne peut plus relever de la seule souveraineté
nationale.

 »

Analyse rapide ce grand fourre-tout

La réflexion de l’auteur baigne dans l’ irréel : il suffit de chercher sur un moteur de recherche « REX nucléaire » pour le constater. L’industrie nucléaire est dans une démarche d’amélioration permanente de la sécurité et elle a tellement peu d’accidents à étudier, quelle intégrera évidemment celui de Fukushima. La polémique récente concernant « le nucléariste » Jacques Foos et l’EPR contredit totalement cet article.

Pour argumenter, on va ensuite chercher des chiffres et des faits, un peu partout sans les analyser. On fait appel à un rapport mondial qui traite que des économies bien plus carbonées : réduire les émissions en Allemagne ou aux États-unis, c’est très faisable. Le lecteur un peu sensé aura vite compris qu’on ne peut pas éviter que les pays émergents augmentent leurs émissions seulement avec ... des économies d’énergie. Kempf n’a pas dû se renseigner beaucoup sur le scénario Blue map car il nécessite 30 nouvelles centrales nucléaires par an.

Le lecteur averti (pas Kempf) remarquera que le scénario Blue Map n’atteint pas les valeurs acceptables de réduction des émissions. Donc il faut aller encore plus loin dans l’utilisation de l’atome : déployer des réacteurs au thorium par exemple.

Quant au passage de 38 à 44% Kempf n’a-t-il jamais entendu parler des rendements décroissants ? C’est facile d’imaginer des solutions, mais encore faut-il les financer et les derniers kWh deviennent de plus en plus chers. En revanche, en conjuguant énergie nucléaire, efficacité énergétique de l’électricité et économie d’énergie, les progrès sont spectaculaires. Mais, pour la rédaction du journal Le Monde, Fribourg en Brisgau est plus proche que Houilles en Yvelines ...

Les dernières propositions de Kempf sont ridicules : pour la presque toutes les centrales, un éventuel accident nucléaire n’aurait pas de répercussions chez nos voisins : l’accident sur les vieilles centrales de Fukushima n’a pas de conséquences à Tokyo.

Il faudrait en plus faire dépendre l’avenir de notre parc par des gens qui n’ont pas d’expérience de l’industrie nucléaire comme les Autrichiens ; pourquoi ne pas proposer aux Français de se prononcer sur les exploitations de lignite en Allemagne ?

Pas de doute : Kempf et le Monde en sont restés au stade " C’est mal" sans atteindre le questionnement " Comment ça marche"

Messages

  • "l’accident sur les vieilles centrales de Fukushima n’a pas de conséquences à Tokyo", rien de tel le dimanche matin qu’une blague bien lourde ! Et puis, ceux qui disent le contraire, notamment à Tokyo, c’est rien que des anarchisssstes, des écologisssstes, des environnemmentalisssstes, des Jean-Pierre-Dupuysssstes ! Alors que le monde du nucléaire, c’est rien que des gens raisonnables, pragmatiques, éclairés...
    Dommage qu’il n’ait pas lu Walter Benjamin : "Il faut fonder le concept de progrès sur l’idée de catastrophe. Que les choses continuent comme avant, voilà la catastrophe !"

    Décidément la situation est catastrophique, mais pas du tout sérieuse.

    • Oui l’accident n’ a pas eu de conséquences à Tokyo, c’est prouvé sur ce site. Les doses reçues dans cette ville sont inférieures à celle que l’on reçoit lors d’un vol intercontinental. Il suffit de savoir compter. Compétence, que visiblement vous ne possédez pas.

      Vous serez incapable de me rétorquer une relation dose effet validée par le corps médical, qui prouve le contraire.

      Avant de parler de cancers, il vaut mieux lire Maurice Tubiana que Walter Benjamin.

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