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L’appel aux syndicats
jeudi 12 mars 2020, par
Monsieur le secrétaire général,
La prévarication des décideurs politiques pudiquement nommée loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) visant, pour l’essentiel, la dénucléarisation de notre électricité, est aujourd’hui patente. La proclamation des arrêts de mort d’une quinzaine de réacteurs, par le Programme Pluriannuel de l’Énergie (PPE), en atteste.
Vous trouverez la genèse et les conséquences prévisibles de cette sape industrielle préméditée de longue date, dans l’article intitulé « Que font donc syndicats et consommateurs contre la ruine planifiée d’EDF et de son nucléaire ? »
Le syndicalisme est sans conteste investi d’une éminente responsabilité socio professionnelle dont l’usage est chez nous plus moins conforme à la déontologie, mais une responsabilité toujours moralement tenue de prendre un caractère offensif, quand les intérêts économiques vitaux de la Nation sont directement menacés. Or, aujourd’hui, il ne fait plus guère de doute que ces intérêts sont bel et bien menacés par une LTECV dont le procès en nocivités de tous ordres n’est plus à faire.
La coupable passivité des organisations syndicales françaises laisse croire que toutes contestent le bien-fondé d’une telle sentence. Aussi, la communauté au nom de laquelle je m’exprime ici défie-t-elle formellement celles dont c’est le cas de démontrer l’innocuité, voire l’utilité de la LTECV et, surtout, attend d’elles qu’elles assument publiquement de la soutenir sans réelle réserve.
À toutes les autres, il est demandé de cesser de se dérober au devoir de déclarer officiellement ce que la transition énergétique en cours leur inspire de plus urgent et de plus déterminé, au plan de la mobilisation revendicative. Car, de deux choses l’une : on juge infondé le procès fait à la LTECV ; on estime au contraire qu’avec elle il y a péril en la demeure et qu’il faut d’urgence voler au secours d’un patrimoine industriel en grand péril, à commencer par celui de Fessenheim. Dès lors que l’on adopte cette dernière position, il y a lieu de prendre ses responsabilités et de ne pas lésiner sur les moyens habituellement mobilisés dans la confrontation syndicat-employeur-public ou syndicat-État-employeur, la défausse syndicale n’étant plus recevable en la circonstance.
Dites-vous bien en tout cas que, seule, une union sacrée syndicale peut désormais lever la force sociale capable de faire échec au saccage programmé d’une industrie nationale vitale. La responsabilité d’en prendre ou pas l’initiative n’en est que plus écrasante, devant l’histoire et devant le jugement que porteront sur nos générations enfants et petits-enfants dont nous avons en mains les déterminants de la qualité de la condition.
Monsieur le secrétaire général, l’intérêt national vous commande de tirer sans délai les conséquences opérationnelles de ce dernier examen de conscience, car beaucoup plus de Français que vous ne croyez fondent leurs derniers espoirs sur le ressaisissement déontologique et patriotique du syndicalisme français.
Ce message simultanément adressé aux confédérations CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et CFE-CGC devrait vous parvenir en nombre.