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Le photovoltaïque réseau est-il vraiment une imposture ?

samedi 21 avril 2012, par PH

Les promoteurs du photovoltaïque vantent une énergie propre, gratuite et produite localement. En fait, par rapport au nucléaire, il n’en est rien : l’électricité nucléaire est produite à 4 centimes du kWh, lorsqu’on a racheté le PV jusqu’à 15 fois ce prix, les panneaux ou au moins leur composants sont importés. Le surcoût du programme photovoltaïque coûtera 2 milliards d’euros par an pendant 20 ans pour 1% d’électricité. Le prix de 20 porte-avions nucléaires.

Alors pourquoi cette illusion dans l’opinion ? Parce que les usagers ne s’intéressent pas au cycle de vie des produit. Prenons l’onduleur un appareil électronique complexe d’une vingtaine de kilos, un prix de 1000 à 2000 euros et une durée de vie d’une dizaine d’années, quel investissement par rapport à la production d’électricité ?

Une installation individuelle produira pendant la durée de vie de l’onduleur 4000 kWh par an principalement l’été lorsqu’on en a pas vraiment l’utilité. Donc un coût actualisé de 3 à 6 centimes d’euros, ce qui est le coût du courant nucléaire tout compris.

Les antinucléaires ont lancé la phobie des déchets : les déchets nucléaires ce sera en 2050, 7000 m3 de déchets à haute activité, le volume ridicule d’une dizaine de socles d’éoliennes. Si l’on prend tous les déchets radioactifs, on a en tout 3 millions de m3, moins que le volume extrait par le percement de certains tunnels, moisn que le volume des socles d’éoliennes du Grenelle. Par rapport à l’électricité produite (400 TWh pendant 60 ans) cela correspond à 0,1 gramme par kWh. Un petit tas à Morvilliers sur lequel on pourra construire ou planter des arbres plus tard. Le combustible c’est 0,02 grammes d’uranium naturel par kWh, c’est à dire 20 grammes d’un minerai pauvre.

Considérons maintenant notre onduleur : 10 à 20 kg pour 40 000 kWh, c’est 0,25 à 0,5 gramme par kWh de déchet à recycler. Equiper toutes les foyers en photovoltaïque réseau augmenterait de 10% la production de déchets électroniques.

Et nous n’avons pas pris en compte le panneau, environ 200 kg, ce qui nous fait du 5 grammes par kWh. Pour les matières premières nécessaires à sa fabrication, on peut bien considérer un facteur dix, il faut, en effet, partir de la silice SiO2, la réduire, la purifier par distillation de SiCl4 puis la purifier encore par fusion de zone. Même à partir des matières premières, on va bien au-delà des quantités requises par l’industrie nucléaire. Il n’est pas étonnant de constater des temps de retour énergétique de un à deux ans, des émissions de 55 à 100 grammes équivalent CO2 par kWh. Pour un parc nucléaire, l’investissement physique constitué principalement du par béton sur lequel on pourra reconstruire serait de l’ordre de 3 grammes par kWh. Le temps de retour énergétique est de l’ordre du mois, les émissions de l’ordre de 3 grammes de CO2 par kWh.

Le photovoltaïque n’est pas vraiment plus propre que les filières nucléaires actuelles ou futures. Il est beaucoup plus cher. Il serait temps de nous rendre compte que nous avions déjà, chez nous, avec le couple nucléaire/hydraulique ce qui se fait de mieux pour sortir des énergies fossiles.

Messages

  • A quand l’honnêteté au pouvoir ?
    Les déchets produits par l’énergie nucléaire, à eux seuls, devraient nous faire poser de sérieuses questions, notamment éthique.
    L’exemple cité dans la pseudo-démonstration frise le ridicule. Il se trouve qu’à Morvilliers (Champagne), et non Morvillers, sont stockés des déchets radioactifs... dits TFA "Très faiblement actifs". Rien à voir avec les "autres" qui eux cumulent et toxicité extrême et durée de nocivité dépassant l’entendement : siècles, millénaires, etc, en fonctions de la gamme de déchets produits par l’industrie nucléaire (essentiellement pour l’électricité et l’armement).
    Voilà une "vraie" vérité qui devrait faire réfléchir, non ?
    www.villesurterre.com

    • Bonjour,

      Merci pour la correction géographique.

      Les déchets qui cumulent une haute activité sont pris en compte dans ce texte : 7000 m3 de HA-VL , auquel on peut ajouter 55 000 m3 de MA-VL, ils seront enterrés dans une couche d’argile vieille de 120 millions d’années. Je comprends que des gros chiffres puissent impressionner des esprits simples, qui ne maîtrisent pas les ordres de grandeur. Néanmoins on revient à la toxicité de la mine d’uranium, au bout de 100 000 ans, c’est une durée courte sur le plan géologique et physique, elle représente une période glaciaire, et même pas la durée nécessaire pour dissoudre les verres. Cette question est donc réglée, il y a de vrais problèmes pour la santé et l’environnement.

      Le retraitement nous permet de diminuer la toxicité des des déchets en retirant le plutonium, ce que ne font pas d’autres pays. En allant plus loin dans la séparation, nous devrions isoler le neptunium, le curium et l’américium.Dans ce cas, on enterrerait plus que les produits de fissions et on reviendrait à la radiotoxicité de la mine en 300 ans.

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