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Les déchets HA-VL et les éoliennes

dimanche 4 avril 2010, par PH

Les déchets haute activité et à vie longue sont présentés par les journalistes comme LE problème du nucléaire (en fait il s’agissait d’un problème de quelques filières nucléaires). Ils provoquent une grande souffrance psychologique parmi les opposants au nucléaire. Relayée par des salariés du Réseau Sortir du Nucléaire, par des hommes politiques et des journalistes irresponsables cette angoisse irrationnelle s’est diffusée au sein de la population.

Il faut revenir à la physique du problème : les déchets regroupent les produits de fission et les actinides mineurs et concentrent 95 % de la radioactivité de l’ensemble des déchets.

Les produits de fission sont les véritables produits de la réaction nucléaire, leur radioactivité décroît considérablement en 1000 ans. Une bonne approximation est de considérer que la radioactivité de ses déchets décroît comme celle du césium 137, c’est à dire qu’elle est divisé par 2 tous les 30 ans. En fait ils ne sont pas proprement dit à haute à vie longue, mais ils sont mélangés dans le processus de retraitement actuel, à des déchets à vie longue : les actinides mineurs.

Les actinides mineurs sont des sous-produits de la réaction nucléaire, ils proviennent d’atomes d’uranium qui ont absorbés plusieurs neutrons sans fissionner. Ils est encore possible de les fissionner en réacteur rapides, c’est pourquoi les procédé de retraitement suivant les isolera. Bien que les actinides mineurs ne migrent pas en stockage géologique profond, en particulier s’ils sont piégés à l’intérieur d’une matrice de verre, et bien qu’ils feront peut-être l’objet d’une destruction en réacteur rapide pendant la durée de réversibilité du stockage ; ils sont présentés par les journalistes et les opposants à l’industrie nucléaire comme un problème. Nous allons délimiter l’étendue du problème et tout le monde dormira mieux après.

Pour toute forme d’énergie, on doit prendre en compte les investissements physiques qu’elle réclame.

L’industrie nucléaire présente maladroitement les déchets comme une production en gramme par habitant. Elle n’utilise pas la bonne unité, car les déchets ne seront ne pas gérés à l’échelle domestique mais stockés à l’échelle nationale. De plus, ils sont assez denses et conditionnés dans un conteneur, ce qui rend la présentation en masse inadéquate.

Le volume des déchets à vie longue est de l’ordre de 2000 m3. Vers 2040 après plus de 60 ans de production d’électricité du parc de réacteurs français : on peut estimer qu’il faudra stocker 7000 m3 de déchets vitrifiés HA-VL.

Que représente 7000 m3 à l’échelle d’un pays ? Et bien comme chaque éolienne nécessite 1000 m3 de béton armé, le volume des déchets haute activité à vie longue correspond au volume de béton que 7 éoliennes laisseront en surface au bout de 20 à 30 ans après avoir produit 50 000 fois moins d’électricité... [1].


à la date de la rédaction de cet article, il était difficile d’estimer précisément le volume de béton du socle d’une éolienne, nous avions retenus l’estimation de 1000 m3, les responsables de la filière auxquels nous nous étions adressés, n’ayant pas répondu à nos demande. Aujourd’hui, on peut estimer que la valeur moyenne serait plus proche de 400 m3. L’ordre de grandeur et le raisonnement sont toujours valables.


[1Sur le cycle de vie, par kWh produit, une éolienne terrestre consomme 10 fois plus de béton et d’acier qu’un réacteur REP, l’investissement physique des REP repose principalement sur la construction de la centrale, l’amont et l’aval du cycle ne comptent pas beaucoup. Même en prenant l’ensemble des déchets de plus faible activité. Le stockage des déchets ne change pas beaucoup, la différence d’investissement physique par kWh

Messages

  • Sans être ideologiquement opposé au nucléaire, le parallèle fait ici entre le béton inerte des éoliennes et les déchets HA-VL me paraît TRES TRES discutable.

    Sans mettre en doute vos compétences, ce raccourci simpliste a au moins l’effet (en tout cas sur moi) de jeter la suspicion sur votre objectivité.

    • Scientifiquement les colis HA-VL posent trois problèmes :
      - leur volume
      - la puissance thermique qu’ils dégagent
      - la libération éventuelle des radioéléments

      La radiotoxicité des produits de fission décroît suffisamment rapidement, pour ne pas être libérée avant l’usure du colis. D’autre part. Il est prouvé que les actinides ne migrent pas en milieu argileux. L’innocuité d’un stockage géologique profond a été validée depuis 2005, au moins en France et en Suède.

      La puissance thermique est le facteur qui détermine la taille (et donc le coût) du site de stockage. C’est un désavantage par rapport au béton des éoliennes. En revanche, les colis en HA-VL sont stockés en profondeur et auront donc moins d’empreinte écologique que les 7 éoliennes en surface.

      Si mon pays pouvait sortir du pétrole et plus généralement des énergies fossiles, avec 2000 éoliennes et un million de toits solaires ; je ne perdrais pas mon temps à écrire ce site.

      Je me fous de ce que vous pensez de mon objectivité scientifique, Faites les calculs vous mêmes !

      La validité d’un discours ne doit pas venir du prestige de celui qui l’émet mais de sa cohérence même. C’est bien la leçon de ce site : il faut vérifier les ordres de grandeurs soi-même ...

    • En effet, sur la forme, pour avoir un débat productif, il faut dépasser le ressenti ou les préjugés que l’on peu se faire arbitrairement sur un sujet ou un interlocuteur. Concentrons-nous sur le fond, donc les faits !

      Le socle des éoliennes, c’est l’équivalent des fondations d’une centrale : il vaut mieux le réutiliser que le déconstruire !

      Y a-t-il eu une réflexion économique sur le sujet de la réutilisation sur place ou du recyclage des matières premières ?

      Exemples :

      1. éoliennes

      2. REP

      3. Phénix et SPX

    • Bonsoir Stephan,

      Il faut voir deux choses :l’investissement physique et l’investissement économique.

      Du premier point de vue, au kWh l’EPR c’est dix fois mieux que l’éolien, les REP c’est encore moins d’investissement physique : pas de double enceinte, pas de réceptacle à corium. Un réacteur REP ou EPR prend peu de place, on peut toujours en construire un à côté et récupérer la partie conventionnelle, il semble même possible de changer la cuve. Néanmoins en 40, 60 ou peut-être 80 ans , les normes évoluent. Aujourd’hui on construit des réacteur sous une double enceinte et on est passé à des réacteurs plus gros de 900 MW (34 premiers REP) à 1650 MW (EPR). Je ne pense pas que l’on récupéra l’enceinte des REP, sauf peut-être pour y mettre des réacteur à sels fondus. C’est la même chose pour l’éolien, les gens qui travaillent dans le secteur me répondent la chose suivante : dans 20 ans, on installera à côté des éoliennes plus grosses et plus performantes.

      Du point de vue économique, les fondations d’une éoliennes comptent pour 10 à 15% du coût et semblent négligeables aux professionnels du secteur ; quant à l’EPR avec sa durée de vie minimale de 60 ans, l’investissement physique et économique sera largement amorti. Même si on rase alors la double enceinte, on pourra récupérer le radier et le réceptacle à corium.

      Bien cordialement

  • Je suis évidemment pour le nucléaire et contre les éolienne, deux "produits qui ne supportent pas la comparaison en matière de rendement
    Pourtant j’ajoûterai si vous me le permettez,un commentaire en matière de béton armé.Je viens d’avoir confirmation de deux sources que la construction du mur de l’Atlantique par l’organisation allemande Todt pendant la guerre de 1939-1945 avait nécessité le coulage de 13 millions de mètres cubes de béton sur un chantier allant du Danemark jusqu’à la Bidassoa en Espagne. Si chaque éolienne exige un socle de 1000 mètres cubes de béton comme vous l’écrivez, cela veut dire que, pour un programme français annonçé de 15000 éoliennes on va incruster dans le sol français beaucoup plus de béton que les allemands ont laissé sur nos côtes à leur départ en 1944-45 et que l’on n’a pas pu démolir sauf à des coûts prohibitifs. Les français qui vénèrent les éoliennes sont-ils bien conscients de celà ? J’ajoute car c’est le plus cocasse de l’affiare, c’est que la plupart des éoliennes installées sont de provenance allemande et que leur fabrication alimente la santé des exportations allemandes à nos dépens. Alors quand on parle du bonne chose pour la France, je suis exaspéré par nos hommes politiques dont l’incompétence dépasse tout ce que l’on pouvait redouter.

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