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GRANDE GUEULE

D’où viennent les illusions de Mélenchon ?

samedi 4 février 2012, par PH

On connaît la politique énergétique de Jean-Luc Mélenchon : il n’aime pas les éoliennes pour la beauté des paysages, ce qui est compréhensible, mais il veut aussi malgré l’opposition de ses alliés communistes fermer des réacteurs nucléaires. Sa solution, à laquelle aucun de ses alliés ne croit : la géothermie profonde.

En effet, le flux géothermique moyen est ridiculement faible, plus faible que le flux solaire. Dans une région favorable, la centrale de Soultz sous Forêts produit une toute petite puissance de 1.5 MW (contre 900 à 1650 MW pour les réacteurs nucléaires) pour un coût de 80 millions d’euros : 53 €/W dix fois le prix de l’ EPR.

Alors, sur quoi reposent les illusions de Mélenchon ?

Comme beaucoup d’adversaires de l’atome, il croît au volontarisme technique. Pour lui, ce ne sont pas des lignes électriques partout et un million d’éoliennes, des lacs de barrages, etc... Mais l’expérience de l’industrie pétrolière : si on sait creuser à plusieurs kilomètres de profondeur, pour trouver du pétrole, on saura extraire la chaleur de la Terre.

Malheureusement, le volontarisme technique bute souvent sur la nature des choses :

Beaucoup plus difficile que le pétrole

Extraire 1 L de pétrole permet de récupérer 10 kWh thermique ou 4 kWh électrique.

Extraire 1 L d’eau chaude à 200°C permet de retirer 0.2 kWh thermique ou 0.08 kWh électrique.

Le retour sur investissement économique ou même physique est 20 fois moindre.

On comprend avec un tel facteur sur l’énergie récupérée, qu’ il soit impossible de comparer les deux industries.

Des flux de matières plus difficiles à gérer que pour l’atome

Des cavités d’eau chaudes existent sous terre, parce que des roches ont été dissoutes, à Soultz, on récupère de l’ordre de 100 grammes de sel par litre. La solubilité des sels varie avec la température. Il est raisonnable de penser que l’on devra gérer de l’ordre d’un gramme de sel par litre en surface.

Imaginons que l’on fournissent 400 TWh par la géothermie profonde, il faudrait donc récupérer chaque année de l’ordre de 50 000 tonnes de sels à réinjecter ou enterrer quelque part... Et encore, il est possible que ce chiffre soit sous-estimé d’un facteur 10 à 100.

En comparaison, enterrer 7000 m3 de HAVL vitrifiés et 50 000 m3 de MAVL pour 60 ans ans de production électrique, semble un jeu d’enfant.

Ce que ne sait pas Mélenchon, c’est que le volontarisme technique permet aussi de rendre les réacteurs nucléaires parfaitement sûrs comme le montre l’exemple de l’AP 1000 de Westinghouse et comme le montrera la réponse française.

Si on sait extraire de l’eau chaude à 3000 mètres sous terre, il est raisonnable de penser que l’on sait aussi refroidir un réacteur en toutes circonstances et également stocker géologiquement les produits de fission.

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