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Coût du nucléaire

Des journalistes qui ne comprennent pas les chiffres : même à la Tribune

jeudi 12 janvier 2012, par PH

Dans un article du 12 janvier 2012, deux journalistes de la Tribune estiment que le rapport de la Cour des Comptes va jeter le trouble dans la campagne électorale.

Ils s’appuient sur deux points :

- un coût actualisé de 227 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur nucléaire.

- une incertitudes sur les coûts démantèlement.

Comme nous l’avons montré à partir du réacteur Siloé, et comme nous aurions pu le faire en prenant les exemples des centrales de Connecticut Yankee ou de Neideraichbach : le démantèlement des réacteurs à eau ordinaire est une opération industrielle maîtrisée qui ne devrait pas générer pas une grande incertitude.

Concernant le coût global de la filière, les auteurs ne donnent aucune comparaison, ils pensent probablement impressionner le lecteur, en effet ils estiment eux mêmes que les dix milliards d’euros demandés pour les mesures post Fukushima serait une flambée.

Un seul chiffre remet les choses en place : la facture énergétique de la France s’’élève aujourd’hui à 40 milliards d’euros par an pour 50% de l’énergie primaire. En comparaison, 227 milliards d’euros pour 36% de l’énergie primaire (décomptée convenablement) pendant 27 ans, c’est presque gratuit.

Sur une longue période, le nucléaire aura été compétitif même lorsque les énergies fossiles étaient bon marché : sans le nucléaire, nous avons déjà montré qu’il aurait fallu importer un dizaine de milliards d’euros par an de charbon et de gaz, et il aurait fallu investir dans au moins 40 GW de centrale à charbon. Sur 27 ans, nous arrivons à un total de plus de 300 milliards d’euros avec en prime des émissions de CO2, en milliards de tonnes, des émissions de particules et d’oxydes d’azote et des millions de tonnes de cendres à gérer.

Demain le nucléaire encore moins cher :

Analysons les chiffres avancés par la Cour des Comptes : 227 milliards d’euros, dont 96 milliards d’euros investis dans le parc de réacteurs. On retrouve les chiffres issus du rapport de l’Assemblée nationale en 2003 avec des chiffres actualisés en 2010 : 80 milliards d’euros pour la construction et 40 milliards d’euros pour les réacteurs. L’actualisation 2012 pour ces deux postes nous amène vers 140 milliards d’euros, pour le reste est de l’ordre de 2 milliards d’euros par an. Le budget du CEA civil est de l’ordre du milliard d’euros, celui de l’ANDRA 150 millions, la perte de Superphénix, représente grossièrement 10 milliards d’euros.

Que nous reste-t-il à payer pour la même production pendant les trente ans à venir ?

- 50 milliards d’euros d’investissements sur le parc.
- 15 milliards d’euros pour le combustible ou en investissements s’il faut enrichir l’uranium appauvri (6 G€) et introduire le thorium en REP.
- autour de 60 milliards d’euros pour le démantèlement et la gestion des déchets dont une bonne partie a déjà été provisionnée.
- autour de 50 milliards d’euros pour les organismes scientifiques.

En investissements, le coût sera donc moindre, si nous ajoutons 5 milliards d’euros de frais de personnels, nous arrivons à une hypothèse haute de 11 milliards d’euros par an pour 400 milliards de kWh : 2,75 c€ par kWh programmable, tout compris.


Voir en ligne : http://www.latribune.fr/entreprises...

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