Accueil > Questions énergétiques > Déconstructions > Le cauchemar de Laure

Grain de poussière

Le cauchemar de Laure

lundi 26 décembre 2011, par PH

Laure Noulhalat est journaliste au quotidien Libération, c’est une figure du mouvement antinucléaire français, elle pense avoir rédigé une charge contre l’industrie nucléaire dans son livre et documentaire video déchets, le cauchemar du nucléaire ; en fait pour qui connaît un peu l’atome, ce livre est risible, il montre des individus obsédés par la radioactivité, qui s’agitent sans résultats. Ils ne trouvent rien sur les lieux des vrais accidents nucléaires et imaginent des catastrophes sanitaires, là où l’atome est bien géré. Le mouvement antinucléaire n’est qu’un Tigre de papier. Retraçons le périple de Laure.

Laure chez les martiens

Laure commence son reportage dans le nord ouest des Etats-Unis sur le site de Hanford. C’est ici qu’a été produit le plutonium militaire dès premières bombes jusqu’à la fin de la Guerre froide. La ville avoisinante de Richland travaille pour l’atome. Là-bas même les lycéens aborent fièrement le champignon atomique comme emblème : mieux on connaît le nucéaire, moins on en a peur. Sur le site de Hanford en 1943, les ingénieurs, ont travaillé dans l’urgence : des matières radioactives ont été enterrées dans des citernes en béton, plus tout à fait étanches aujourd’hui. Une usine de vitrification va reconditionner tout ça, mais pour Laure, il faut prouver que c’est « une poubelle », alors commence une expédition rocambolesque.

L’expédition des pieds nickelés

Il faudrait être discret, mais l’impatience trahit : « Bruno Chareyron lui, s’agite dans sa combinaison blanche signée CRIIRAD », dans cet accoutrement, le groupe s’approche du site en bateau : « Les autorités sont alertées et les travailleurs du site, intrigués, commencent à surveiller notre expédition. Si nous posons le pied à terre, ils nous arrêtent. Sinon, ils sont condamnés à nous observer faire les zouaves . Le contaminomètre de Bruno reste silencieux » : Au bout d’une centaine de kilomètres de rive : rien ! les mesures indiquent 13 becquerels par litre de tritium, alors que l’OMS fixe la valeur seuil de potabilité à 10 000 becquerels par litre [1]. Le soir, l’équipe désabusée ira refaire le monde devant une pizza à la brasserie Atomique.

Le reste de l’expédition aux Etats-Unis sera assez calamiteuse, Laure ramène de Yucca Mountain des informations qu’elle aurait pu trouver sur internet et ne pénètre pas dans l’unique usine de retraitement de Savanah, comme elle l’avoue elle même : « le plan de Savanah aura été le plus cher du tournage... »

Bons baisers de Russie

Après son échec aux Etats-unis, Laure part sur le site d’un vrai accident nucléaire, celui de Mayak qui a eu lieu en 1957. C’est là-bas que se déroule la scène sur la bande annonce : le technicien de la CRIIRAD, sans combinaison cette fois, va ramasser des échantillons près d’un pont visiblement sans mettre de gants. Les échantillons sont envoyés clandestinement dans des sachets de thé vers le laboratoire de la CRIIRAD. Laure qui a nargué le FSB, aurait-elle violé les lois sur l’envoi de matières radioactives ? En fin de compte, au laboratoire de la CRIIRAD, on arrive difficilement à + 1 mSv pour les sujets les plus sensibles (enfant de un à deux ans). Elle déclare que « dans aucun pays, on retrouve cet état de fait » Malheureusement dans plusieurs pays comme la France, les doses de radioactivité naturelle varient de plus de 1 mSv/an sans qu’on ait pu déceler des effets sanitaires.

Aux pays des mervreilles, Laure n’est pas Alice

Après son échec aux Etats-Unis et en Russie, sur des sites vieux de plus d’un demi-siècle, Laure se retrouve au pays de Pierre et Marie Curie. Laure ne comprend pas que l’on stocke de la matière fissile ou de l’uranium appauvri. Elle qualifie de« fantasme de physiciens » des réacteurs qui ont déjà fonctionné en France [2], qui fonctionnent en Russie [3] et qui sont construits en Chine et en Inde. C’est dans le pays de Descartes, que Laure va échouer son test de logique : « André Claude Lacoste, concède que l’activité de l’usine de la Hague détermine pour partie les normes de ses rejets.(...) En clair, le légistlateur fixe les normes en fonction des besoins de l’exploitant. Un peu comme si on fixait des limitations de vitesse calquées sur les possibilités des voitures, et non en fonction des objectifs de sécurité routière ». Laure jubile : le problème est que dans le même ouvrage elle écrit que les rejets ont une influence de 14 microsievert par an et que l’objectif de l’usine est de les maintenir en dessous de 30 microsievert ; si l’usine émettait en fonction des normes sanitaires qui se situent entre 1 à 100 mSv par an, La Hague pourrait relacher 70 à 7000 fois plus de radioactivité ….

En conclusion

Bien que des laboratoires comme le LPSC envisagent la gestion de la matière fissile sur plusieurs milliers d’années Laure compare l’industrie nucléaire à un avion qui a décollé et qui ne dispose d’aucune piste d’atterrissage. Après tant de mauvaise foi, d’ignorance ou de manque de logique, on ne peut constater qu’en matière nucléaire, c’est plutôt l’esprit de Laure qui n’a pas décollé ; nous lui conseillons d’aller rencontrer son collègue Sylvestre Huet, qui a les idées plus claires sur la question. Son livre qu’elle qualifie de grain de sable, n’est qu’un grain de poussière, qu’elle a néanmoins réussi à rédiger après un an de travail infructueux.


[1les normes s’étendent de 100 Bq/Lpour l’UE à 76 000 Bq/L pour l’Australie

[2Phénix et Superphénix

[3BN 600

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?