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pour ceux qui ne croient plus au Père Noël

Réponse à Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables officielles

Le Monde du 29 novembre 2011

samedi 3 décembre 2011, par PH

Le 29 janvier 2011, le président du syndicat des énergies (dites) renouvelables , Jean-Louis Bal, a publié dans le journal Le Monde un point de vue, intitulé : pour un nouveau modèle énergétique français.

Comme lui nous pensons que :

« La réflexion sur notre avenir énergétique doit être précise et rationnelle.
 »

C’est pourquoi nous lui répondons point par point. Concentrons nous sur les cinq vertus qui sont attribuées aux énergies dites renouvelables :

« Les énergies renouvelables peuvent relever en partie ce défi, même si elles ne répondront pas seules, à court terme, à ces exigences, dans la mesure où :

1. Elles sont produites localement et peu sujettes à une quelconque tension géopolitique. »

Qu’on nous fasse donc visiter ces usines cachées en France, sûrement des usines clandestines car il nous semblaient que les éoliennes fussent importées d’Allemagne ou du Danemark. Et la Chine ne domine-t-elle pas la production de modules photovoltaïque, en laminant ses concurrents allemands et américains ? Comme nous avons bien fait de ne pas investir dans ce secteur ! Quant aux tensions géopolitiques, le monde est un peu plus complexe : on équipe volontiers les éoliennes marines d’aimants permanents à base de lanthanides, famille de métaux sur laquelle règne une certaine tension géopolitique puisque 95% de la production de ces métaux est concentrée en Chine.

« 2. Leurs coûts diminuent avec leur développement et leur exploitation. C’est le principe des systèmes aux coûts d’investissement élevés et aux coûts d’exploitation faibles. Elles suivent une courbe d’apprentissage inverse de celle des énergies conventionnelles dont le coût ne cesse d’augmenter.
 »

Si le coût de l’un baisse et l’autre augmente, cela ne veut pas dire que le premier deviendra moins cher que le précédent surtout lorsque le premier fournit un courant de piètre qualité par rapport au second. Les énergies dites renouvelables nécessitant un investissement physique bien supérieur à celui des filières nucléaires, ils n’est pas sûr que leur prix continue à baisser, ça n’a pas été le cas sur le coût réel des projets éoliens des dernières années.

Alors que l’on est certain qu’un parc nucléaire amorti voit son coût baisser : à 4 euros le watt, faut-il investir dans trois cents éoliennes marines qui produisent 20 à 30% du temps et qui durent 30 ans ou dans un EPR qui produit 75 à 90% du temps et qui dure 60 ans ?

Ne laissons pas des éoliennes rouillées à nos enfants, mais des réacteurs amortis !

« 3. Les énergies renouvelables ne produisent ni CO2 ni déchet. Leur réversibilité est avérée. Quoi de plus simple que de démonter un parc éolien ou solaire ?
 »
Comme l’investissement physique est important par rapport à l’énergie produite, la production de CO2 ne peut être nulle : si la filière nucléaire actuelle émet entre 3 et 6 grammes de CO2 par kWh, l’éolien est autour de 15 et le photovoltaïque peut monter beaucoup plus haut, car il faut bien réduire la silice et purifier le silicium par fusion de zone...
Est-ce si facile de démonter les fondations d’une éoliennes ? Les blocs de bétons les éoliennes fourniront approximativement le même volume de déchets que ceux du parc nucléaire français en 2050, et il n’est pas prévu de les retirer ; alors renouvelable, cela signifie-t-il que l’on va déposer des blocs de bétons à l’infini ?

« 4. Leur intermittence est gérable, selon le réseau de transport d’électricité, d’autant que des progrès dans le domaine du stockage et des réseaux intelligents sont déjà une réalité. »

Il aurait fallu écrire que leur intermittence est gérable dans une certaine mesure : avec 15 GW d’hydraulique de barrage, arrivera-t-on à gérer 25 GW d’éolien prévu au Grenelle ? L’étude le vent souffle où il veut quand il veut d’Hubert Flocard de l’association Sauvons le Climat, montre au contraire qu’on ferait mieux de s’arrêter bientôt à 10 GW.

« 5. Les équipements domestiques utilisant une source de chaleur renouvelable, chauffage au bois, chauffage solaire ou pompe à chaleur performante diminuent, en hiver, l’appel de puissance et réduisent les importations d’électricité.
 »

C’est le seul point dans lequel, il y a un peu de vrai, n’avons nous pas écrit que la saisonnalité est le facteur clé de l’énergie ? Et la conclusion en est ... que le solaire est inutile par rapport à l’isolation.

Donc s’il faut réindustrialiser comme le suggère Jean Louis Bal, qu’il s’attache à donc relocaliser la production des pompes à chaleur [1] et de batteries, et qu’au lieu d’importer des éoliennes et du photovoltaïque, qu’il nous laisse construire nos EPR et isoler intelligemment nos habitations.

Car notre filière nucléaire, répond elle aux quatre impératifs qu’avait a fixés le président du SER :

« 1. Garantir un taux élevé d’indépendance énergétique et un haut niveau de sécurité d’approvisionnement. »

Par rapport à l’éolien et au photovoltaïque, les filières nucléaires ont le plus bas coût d’importation au kWh, les réserves de matières fissiles sur notre sol garantissent plus d’une dizaine d’années de production d’électricité et des milliers d’années si nous construisons les réacteurs à neutrons rapides.

« 2. Prémunir tous les consommateurs de fortes hausses de prix. »

La filière nucléaire fournit le courant le plus compétitif. C’est un investissement à long terme, avec une sécurité d’approvisionnement en matière fissile.

« 3. Préserver l’environnement par le développement de productions propres et sûres dont les risques sont maîtrisés. »

Les filières nucléaires bien gérées comme celle de notre parc consomme un minimum de surface par rapport à l’énergie produite et à sa qualité. Ce bilan resterait même valable dans le cas d’un accident nucléaire qui contaminerait 100 km2 pour quelques dizaines d’années. Accident qui devient fictif désormais.

Au contraire, installer des panneaux PV, c’est faire face à des risques d’incendies dispersant des métaux lourds, comme l’a montré l’accident de Palais sur Vienne, que des journalistes auraient pu qualifier de petit Tchernobyl photovoltaïque.

« 4. Assurer la sûreté du système énergétique et garantir l’équilibre entre l’offre et la demande.
 »

Contrairement au photovoltaïque ou à l’éolien qui sont des sources fatales, un EPR a une puissance programmable, et les RNR-Na sont encore plus modulables, comme le rappelle le témoignage de Georges Vendryes sur ce site.

En fait depuis les succès de la surgénération et de l’extraction de l’uranium de l’eau de mer, Jean-Louis Bal devrait accueillir les filières nucléaires au SER. Pourquoi tant de haine contre la science ?

Il est urgent que les énergies peu carbonées coopèrent. Installons des éoliennes sous les alizés, du photovoltaïque dans les pays tropicaux et laissons fleurir l’atome sur le continent de Marie Curie.


[1sans HFC

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