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TOUS POURRIS ?

Quand Télérama parle du progrès technique.

samedi 25 juin 2011, par PH

Le 19 juin 2011 Télérama décide de parler de l’énergie nucléaire à ses lecteurs, qui ce journal invite-t-il ? BL [1] un vieil antinucléaire historique qui a quitté le CEA au début des années quatre-vingt. [2]

Voyons ce que nous dit ce « spécialiste » :

Télérama : « Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l’arrêter à chaque instant, non ? »

BL : « Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s’il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire »

Déjà le mot est lancé : explosion nucléaire. Il était fait d’ailleurs un peu plus tôt allusion à l’origine militaire du nucléaire alors que notre parc de réacteurs à eau pressurisée n’a pour origine que des préoccupations civiles. Maintenant on vient de lire qu’une centrale peut faire un champignon atomique... Ridicule ! : si la réaction s’emballe, l’eau du circuit primaire qui constitue le modérateur s’échappe et la réaction nucléaire s’arrête. On obtient un cœur fondu et des radioéléments qui peuvent s’échapper avec la vapeur que l’on a relâchée, mais en aucun cas une explosion atomique.

Télérama : « Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ? »

BL : « Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l’enrichissement de l’uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s’aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté. »

Télérama : « On a du mal à croire qu’il n’y ait eu aucune innovation majeure... »

BL : « Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu’on l’a arrêté en 1998, car il était basé sur l’utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l’uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d’un matériau aussi dangereux le combustible d’une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ? »

On peut déjà commenter le ridicule de cette phrase : les radons sont un milliard de fois plus radioactifs que les isotopes naturels de l’uranium, desquels ils descendent, et on trouve ces isotopes à une concentration de 3,3 mg par tonne dans notre environnement , on vit très bien avec eux.

Mais ce qui nous intéresse c’est l’idée avancée comme quoi les filières nucléaires ne progresseraient pas contrairement au renouvelable. En fait ce qui apparaît, c’est le caractère totalement dépassé, non pas des filières nucléaires ; mais de ce physicien en retraite. Les filières nucléaires constituent une technique récente, encore en plein développement. Depuis une dizaine d’années, on peut noter des avancées techniques ou scientifiques majeures que BL ne semble pas avoir remarquées, par exemple :

- le passage de l’enrichissement par centrifugation du domaine militaire au domaine civil, ce qui permet de réduire d’un facteur 20 le coût énergétique de l’enrichissement et d’augmenter la ressource en matière fissile de 30%.

- depuis 2000, la modélisation des réacteurs au thorium a fortement progressé au point que les spécialistes seraient prêts à construire un petit démonstrateur. Le thorium, ce sont les avantages de la fusion nucléaire révée avec les possibilités réelle de fission : peu de déchets, ressources importante ...

- l’extraction de l’uranium de l’eau de mer a fait l’objet de deux expériences concluantes par les Japonais, ce qui rend, même, la filière à eau pressurisée renouvelable.

- des sites de stockage pour les déchets sont validés en France, en Suède et probablement en Suisse.

- la remise en cause de la relation linéaire sans seuil qui postulait la nocivité intrinsèque des faibles doses confirme le bilan sanitaire positif de l’énergie nucléaire.

Et des perspectives sont encore devant nous :

- des réacteurs au sodium encore plus sûrs que Superphénix, permettant d’incinérer les actinides mineurs grâce à des avancées dans le retraitement.

- des réacteurs à gaz parfaitement sûrs produisant de l’hydrogène.

- etc ...

Que nous propose BL comme grande innovation ?

« Et ils (les Allemands) travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l’éolien, la nuit, on pompe l’eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C’est cela, la grande innovation de la transition énergétique
 »

Le stockage gravitaire !! c’est à dire de l’eau dans des barrages. Voilà la grande innovation du renouvelable ...

De qui se moque-t-on ?


Voir en ligne : L’article de Télérama dans le numéro 3205


[1on ne citera pas de nom, car www.energie-gouv a été critiqué pour faire soi-disant des attaques ad hominem, alors que sont les idées et les chiffres qui nous intéressent

[2En fait, il y a assez peu de scientifiques antinucléaires, du moins parmi ceux qui ont étudiés objectivement la question, on s’aperçoit donc que les médias invitent toujours le même petit groupe d’activistes.

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