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Il n’y a pas d’énergie gratuite !

Le problème de l’énergie est d’abord une question économique

dimanche 5 juillet 2009, par PH

Si, on lit le scénario énergétique de l’association Sortir du Nucléaire, le mot euro n’y apparaît pas. C’est une manière de se placer dans un monde virtuel. Pourtant, nous devons le reconnaître : quelque soit la réalisation technique, il faut un investisseur public ou privé pour la financer et c’est mépriser ses concitoyens, de ne pas prendre en compte, cet aspect.

On ne pourra donc pas faire l’impasse sur les coûts. Pour l’ingénieur le défi n’est pas de trouver de nouvelles sources d’énergie, mais de répondre à la pénurie énergétique par des réponses économiquement raisonnables.

Notre société fonctionne avec un coût de l’énergie de l’ordre de 4 centimes d’euros du kWh, hors coûts de distribution et hors taxes. 4 centimes d’euros le kWh, c’est le prix du gaz qui arrive à la frontière, c’est le prix du pétrole à 60 euros le baril, c’est le prix de l’électricité nucléaire en prenant en compte le cycle de vie des centrales.

4 centimes d’euros c’est aussi un ordre de prix pour certaines sources renouvelables limitées comme l’hydraulique ou l’éolien terrestre.

Si on analyse la situation de la France qui possède un réseau de distribution déjà développé et des ressources humaines et techniques, les autres coûts restent dans le circuit économique national. En particulier les taxes sur les carburants constituent depuis longtemps une rente pour l’État, qui allége les autres impôts.

Pour un industriel, le coût de l’électricité est en moyenne de 6 centimes d’euros par kWh et reste proche des 4 centimes d’euros "sortie de centrale" ; pour le particulier en revanche, l’énergie comme tout produit industriel voit son prix tripler entre l’usine et son prix de marché.

En France, pour les particuliers, les prix du kWh TTC sont les suivants :

Électricité régulée : 12 c€ (ou 8 c€ en heures creuses)

Carburants : autour de 12 c€

Gaz : 5 c€ avec l’abonnement

Solaire thermique : 17 c€

Photovoltaïque individuel sans stockage : 43 c€

C’est une grande réussite de la France, d’avoir par son industrie nucléaire, presque ramené le prix de l’électricité au prix des énergies fossiles. En il faut convertir deux à trois kWh fossiles pour obtenir un kWh électrique. Le prix de l’électricité dans la plupart des autres pays européens varie de 15 à 20 centimes d’euros pour les particuliers et autour de 10 centimes d’euros pour les industriels.

On remarque au passage que l’endettement d’EDF (16 milliards d’euros pour 60 milliards de CA dont 35 en France ) disparaîtrait en un an, si EDF pouvait vendre son électricité au prix imposé par les écologistes allemands (20 c€/kWh)

4 ou 30 centimes d’euros le kWh cela a-t-il de l’importance ?

Par rapport au travail humain l’énergie est presque gratuite : un employeur qui embaucherait un salarié pour lui fournir de l’énergie paierait environ 13 euros pour obtenir environ 0,5 kWh, le kWh humain vaut donc 26 euros le kWh !

Mais dans le système économique actuel, on utilise assez peu le travail humain, l’énergie est omniprésente dans notre économie. Avec un prix du kWh aussi faible, sont coût est de l’ordre de 2 à 4 % du PIB et de 5 à 8 % du budget des ménages. On voit qu’il est difficile de multiplier le prix de l’énergie sans conséquences économiques. Pourtant c’est ce qui arrivera de manière inéluctable avec notre modèle de développement ces prochaines années : L’augmentation de la demande en Asie, le pic pétrolier vers 2020, la limitation volontaires des productions de charbon aux États-Unis et en Australie entraîneront nécessairement une pénurie énergétique. La seule question est alors de savoir quel sera le nouveau prix de l’énergie ? Compte-tenu de la faible élasticité de la demande en pétrole (il faut que le prix augmente considérablement pour la production diminue), il est raisonnable de penser que le prix du baril pourrait monter jusqu’à 400 $, c’était la prévision pour 2015 du grand économiste français Patrick Artus en 2005. Pierre-René Bauquis, professeur à l’IFP envisage également une période de transition d’une vingtaine d’années pendant laquelle le pétrole serait à 200 $ le baril à partir de 2020.

À 200 € le baril, la facture énergétique de la France (gaz et pétrole) atteindrait les 200 milliards d’euros. Un tel coût sur 20 ans correspondrait à 4000 milliards d’euros, cette somme représentait la richesse nette des ménages en 1997 ou la moitié de la richesse des ménages 2007 en période de prix immobiliers élevés. Une transition énergétique en conservant notre niveau de consommation de pétrole et de gaz correspondrait donc à la ruine des ménages de notre pays.

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