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Éva Joly se ridiculise sur La Croix

lundi 29 novembre 2010, par PH

Le journal La Croix du 19 novembre 2010 a rapporté les propos d’Éva Joly sur le parc nucléaire français :

« Que ferait la présidente Eva Joly en matière de nucléaire :

Je sortirais du nucléaire. La France a un taux de nucléarisation absurde avec ses 58 réacteurs. Comme nous ne savons pas traiter les déchets, nous tirons des traites sur l’avenir. Nous n’avons pas prévu le financement du démantèlement des réacteurs. Il faudra donc faire une sortie du nucléaire selon le modèle allemand, en n’allongeant pas la durée de vie des centrales, et n’en construisant pas d’autres »

Il est impressionnant de lire un tel condensé de mensonges en cinq lignes.

Notre parc nucléaire serait absurde, pourtant il s’explique très bien historiquement, voici ce qu’en a dit Lord Marshall président de l’équivalent anglais d’EDF : « La France n’avait pas de pétrole, la France n’avait pas de gaz, la France n’avait pas de charbon, la France n’avait pas le choix ! »
58 cuves de réacteurs d’une dizaine de mètres de diamètre pour 80 % de notre électricité ou un tiers de notre consommation d’énergie est-ce vraiment absurde ?

Est-ce plus absurde que ces milliers d’éoliennes qui tournent de matière intermittente, en laissant au bout de vingt-ans un volume de béton plus important que le volume des déchets nucléaires et ceci pour 30 fois moins d’électricité subventionnée ?

Nous ne saurions pas traiter les déchets : nous maîtrisons la vitrification depuis un demi-siècle, nous avons eu plusieurs lois sur le sujet et nous avons comme les Suédois, plusieurs sites de stockages géologiques possibles dont déjà un validé scientifiquement.

Nous n’aurions pas prévu de financement alors que nous avons déjà provisionné 71 milliards d’euros pour le démantèlement et le traitement des déchets ! (EDF 48, AREVA 12 et le CEA 11)

Il faudra donc faire une sortie du nucléaire selon le modèle allemand, en n’allongeant pas la durée de vie des centrales, et n’en construisant pas d’autres : En 2010, les Allemands ont prolongé de douze ans la durée de vie de leurs centrales. En effet, aujourd’hui l’éolien Outre-Rhin, ne produit que le tiers de la production électrique nucléaire . Les Anglais, les Italiens prévoient de construire d’autres centrales nucléaires. La sortie du nucléaire en Europe semble bien imaginaire ...

Madame Joly serait présidentiable, nul doute que n’importe quelle physicienne serait plus compétente à la tête de l’État que la seconde dauphine de Miss Norvège 1961.

Observer, se confronter au réel, maîtriser les ordres de grandeur : des compétences qui ne sont pas partagées par tous visiblement ...


Voir en ligne : Le dossier technique du futur site de stockage

Messages

  • intéressant de comparer les volumes des massifs de béton des fondations des éoliennes aux volumes de déchets nucléaires !

    Un peu niais tout de même et carrément réducteur, j’avoue préférer vivre à côté d’un bloc de 1000m3 de béton inerte que de passer même rapidement à côté d’une quantité infinitésimale de déchets hautement radioactif qui resteront très hautement toxiques pour des durées très largement supérieures au temps qui nous sépare de la naissance de la civilisation égyptienne (ça fait tout de même très très long ! )

    • Oui, je suis ridicule, comme les scientifiques de l’ANDRA, d’EDF et du CEA, nous sommes tous des clowns.

      Vous ne passerez jamais à côté d’une quantité de déchets hautement radioactifs. Ceci seront enterrés à 500 m sous Terre pendant le temps de leur décroissance radioactive.

      La couche géologique du callovo oxfordien est là depuis une centaine de million d’année, et elle ne va pas bouger pendant les quelques dizaines de milliers d’années nécessaires pour retrouver le niveau de la mine. Nous avons donc extrait de la radioactivité quelque part pour l’enterrer ailleurs. Nous rendons à Gaïa, la Terre la radioactivité que nous lui avons prise.

      Le problème des éoliennes ce n’est pas seulement le béton inerte, ce sont lignes haute-tension qu’elles réclament, bien sûr aujourd’hui on met du 12 kV pour une production marginale, mais dans les scénarios éoliens massif, il faut faire venir du courant des 3 zones de vents qui sont beaucoup plus éloignées que les quelques centrales nucléaires qu’elle remplaceraient.

      Et en plus de ’investissement physique 10 fois supérieur, des flux de matière 60 fois plus importants, il y a surtout le coût économique qui nous feraient basculer dans la décroissance pour éteindre les peurs irrationnelles de quelques-uns.

  • Bonjour,
    Je vais reprendre les points défendus par PH :
    1) Oui la France n’avait pas de pétrole, de gaz ni de charbon (en faible quantité ), mais avait-elle ces gisements d’uranium en quantité suffisante pour avoir une réelle indépendance énergétique ?
    Notre uranium "français" n’est-il pas issu de mines africaines ?
    Quel sera son coût dans quelques années lorsque les grands pays en développement (Chine, Inde...) auront achevé de mettre la main sur l’Afrique ?
    Il y a eu un choix politique vers une unique technologie... De plus, je pense que c’est une erreur d’avoir permis d’atteindre un niveau de consommation grandissant sans jamais se poser la question des économies d’énergies... La chasse au gaspi des années 70 a vite disparu des écrans TV et l’électricité, énergie noble, était si peu chère que l’on nous a installé des radiateurs électriques à tour de bras dans les années 80.
    Le bon sens populaire nous dit qu’il n’est jamais bon de mettre tous ses oeufs dans le même panier.

    2) Les éoliennes tournent de façon intermittente pour plusieurs raisons :
    parfois il n’y a pas de vent ,
    souvent il n’y a pas besoin d’appoint d’énergie au réseau.
    La production d’une centrale thermique (gaz, charbon, pétrole et nucléaire) est celle d’une production de masse, qui pour plusieurs raisons techniques ne peut varier instantanément. Comme le fournisseur d’énergie doit strictement respecter l’égalité de consommation et de production et que c’est la consommation qui pilote le processus (dans le cas contraire on assiste à des délestages), il faut produire de l’électricité de pointe avec des éoliennes ou des barrages. Avec ces derniers les suisses nous vendent très chers les quelques MWh qui nous manque pendant les pics de consommation. Sur le plan des coûts, on ne peut donc pas comparer une production de masse (nucléaire) et une production de pointe (énergie renouvelables). Les subventions se justifient donc pour soutenir une technologie débutante et donc pas forcément rentable - ça été aussi le cas lors de la mise au point de la technologie nucléaire - et pour produire une électricité de pointe qui nous coûte cher.
    2) Pourquoi les éoliennes auraient une durée de vie limitée à 25 ans ? D’une part on sait faire durer des structures métalliques plus de 100ans (voir tour Eiffel) d’autre part on peut parfaitement imaginer réutiliser le socle de béton pour replacer une éolienne plus moderne. Et tant qu’un objet est utile, il n’est pas considéré comme un déchet.

    La vraie question est de savoir produire l’électricité autrement. Il n’y aura pas de solution unique (et c’est tant mieux) mais un faisceau de solutions dont l’éolien fait partie. Comme vous le dites, l’Eolien d’outre Rhin produit 1/3 de la production électrique. Il s’agit donc déjà d’une production de masse, ce qui implique qu’il n’y a pas de verrou technologique limitant l’éolien.
    On pourrait aussi parler d’hydrolien dont les prototypes sont en cours de test. J’aime particulièrement cette technologie car elle n’occasionne pas de pollution visuelle et surtout elle est déterministe : Comme nous pouvons prévoir les marées et donc les courants, il est facile d’estimer la quantité produite à un instant t, contrairement aux éoliennes.
    L’autre défi d l’électricité est celle de son stockage. On peut certes remplir les barrages, mais l’idée la plus intéressante est de fabriquer de l’hydrogène que l’on pourra employer par la suite dans des piles à combustibles.
    Si l’on peut stocker ainsi une grande quantité l’énergie, il y aura donc moins besoin de la transporter d’un point à un autre, il faudra prévoir un système de production local dimensionné pour une consommation locale.

    3) Sur le traitement des déchets, je ne dirais rien car je m’estime incompétent. Mais philosophiquement, un déchet non réutilisable me semble un véritable gâchis, et je goûte peu au retour de la radioactivité au sein de la terre.
    4) Le démantèlement de Brennilis (70MW) a couté 482M€ selon la cour des comptes soit 20 fois plus que l’estimation de la commission PEON.
    En faisant une mutiplication simpliste (vraiment simpliste) de ce cout de démantèlement au MW par la puissance totale installée de 63GW, on obtient plus de 430 milliards d’euros... 71 milliards c’est énorme, la vérité doit se trouver quelque part entre ces 2 chiffres...

    Il y aura forcément un après nucléaire avec un coût plus juste (plus cher) de l’électricité incitant à la réduction de la consommation. Nous sommes à l’aube d’un changement de paradigme, notre technologie nucléaire sera forcément remplacée par une autre (énergies renouvelables, hydrogène), souhaitons ensemble qu’elle se fasse pour le plus grand bien de l’humanité.

    • Bonjour,

      Merci d’être intervenu sur www.energie-gouv.fr, je vais moi aussi reprendre vos arguments qui je le le regrette reposent sur une analyse simpliste.

      1) L’uranium minier provient de divers pays qui sont le Niger, la Namibie, le canada, l’Australie, le Kazakhstan. Mais nous avons aussi des stocks de matière fissile qui régule le prix de l’uranium minier : l’uranium appauvri à 0,25% qui peut être appauvri à 0,1%, le stock d’uranium de retraitement à 1% , le stock de plutonium. Ce stock assure au parc mondial, 14 ans de consommation sans extraction d’uranium minier. Le stock de plutonium permettrait de mettre en route des surgénérateurs comme Phénix ou des réacteurs au thorium , nous avons des stocks de matière fissile pour des milliers d’années. Enfin comme expliqué sur ce site, il reste l’uranium de l’eau de mer.

      1)Le chauffage électrique n’est pas une aberration, c’est celui qui a appris aux Français à isoler leurs logements, puisqu’il est resté longtemps le plus cher. Le chauffage Joule est encore une bonne solution pour les pièces qui ne sont pas occupées continuellement. Je vous propose d’aller sur le site d’Alain Grandjean, lire Benjamin Dessus, lui même indique que les réductions de consommations doivent avoir lieu dans l’électricité spécifique et que l’électricité thermique ne représente pas de fortes consommations.

      2) Une éolienne ce n’est pas la Tour Eiffel, il existe une usure des pièces mécaniques en mouvement. Les constructeurs éoliens ne s’intéressent pas à réutiliser leurs socle en béton, moi si. Expliquer moi donc comment il est possible de réutiliser le socle.

      L’éolien les limité par la surface, les 8000 éoliennes terrestre du Grenelle (80 par départements !), ne produiront pas 5% de la consommation d’électricité et l’éolien n’est pas une technologie débutante, mais une technologie mature qui atteint ses limites.On ne fera pas d’éoliennes de plus de 10 MW alors qu’il reste plusieurs voies de filières nucléaires, dont on étudie les perspectives sur des milliers d’années.

      2) L’éolien en Allemagne n’est pas une production de masse, c’est 1/3 de l’électricité nucléaire donc 1/15 de l’électricité totale.

      3)Si vous n’aimez pas les actinides mineurs pourquoi ne soutenez vous la construction de réacteurs rapides ?

      3) Pour le démantèlement, vous ne savez pas faire un changement d’échelle, vous en trouverez un sur le site à partir du démantèlement de Siloé, c’est le réacteur qui ressemble le plus au REP.

      4) 71 milliards ce n’est pas énorme pour 60 ans d’exploitation ! Le marché de l’électricité, c’est 35 milliards d’euros chaque année HT et le démantèlement on le paie après, ce qui est une gabégie, c’est le photovoltaïque : entre 40 et 60 milliards pour 1% d’électricité pendant 20 à 30 ans.

      En bilan physique, économique et sanitaire, notre technique nucléaire, même avec des REP est bien supérieure à tout ce qui se fait de renouvelable (au sens officiel). D’ailleurs les filières nucléaires sont également renouvelables.

      Hydrogène, pile à combustible, coûts relatifs : vous vivez dans des rêves.Ma génération est celles qui suivent n’ont plus le temps de rêver.

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