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Creuse, Chéri, creuse !

samedi 22 août 2015, par PH

Extraire de la matière pour obtenir de l’énergie
La question énergétique a été monopolisée avec la complicité des médias par des groupuscules comme les Verts, interdisant toute analyse rationnelle. Nous proposons ici d’étudier objectivement l’impact des principales énergies durables en amont de leur production. Par énergie durable, nous entendons : le photovoltaïque, l’éolien et le nucléaire. Toute production d’énergie nécessite de mobiliser certaine quantité de matière qu’il faut extraire du sol. C’est assez évident pour les énergies fossiles pour lesquelles il faut extraire plusieurs centaines de grammes de carbone pour obtenir un kilowattheure électrique ou mécanique. Comme on le voit dans l’exploitation insensée des hydrocarbures de roches-mère, la puissante industrie du forage américaine a suivi le slogan Drill, Baby, drill ! (d’où nous avons tiré le titre de cet article). Et partout dans le monde l’industrie charbonnière transforme de vertes prairies en paysages martiens. Une des raisons de qualifier Anthropocène l’ère géologique dans laquelle nous sommes rentrés résulte du fait que l’homme extrait aujourd’hui, plus du matière du sol que n’en déplace l’érosion. Les énergies durables participent aussi à ce processus d’extraction. Il est moins connu que l’industrie photovoltaïque accapare déjà 5% de la production mondiale d’argent pour une quantité d’électricité de quelques réacteurs par an (le développement mondial en nécessite une centaine supplémentaire chaque année). Pour fabriquer un panneau photovoltaïque, il faut aussi du charbon pour réduire la silice en silicium et la bauxite en aluminium. L’éolien, en plus de métaux comme le cuivre et les lanthanides, réclame de gros travaux de génie civil. On comprend pourquoi il est arrivé au Syndicat des énergies renouvelables d’avoir choisi comme président, l’ancien président des promoteurs immobiliers. Le nucléaire par son économie d’échelle, sa production continue et sa durabilité requiert dix fois moins de métaux ou de béton que les sources d’électricité précédentes ; mais il faut aussi tenir compte de l’extraction de l’uranium. Calculé sur 90% des réserves prouvées, c’est à dire sur un quart des réserves estimées la teneur en uranium est de 1,3 kilogramme par tonne de minerai. On remarque alors que nucléaire développé actuellement nécessite 10 grammes de minerai par kilowattheure, un peu moins que les sources d’électricité que ses adversaires lui opposent.

Produire de l’électricité, ce n’est pas seulement produire de l’énergie.
On affine le raisonnement, il faut s’adapter à la demande, en France, avec un parc nucléaire important, les réacteurs fonctionnent à 75% au lieu de 90% car le besoin d’électricité est moins important en été. Dans le bilan précédent cela ne joue que sur l’investissement physique dans une centrale. Pour une production mixte éolien-photovoltaïque, il faut envisager de stocker le tiers de la production éolienne et les trois quarts de la production solaire. Tout cycle de stockage-déstockage a un rendement au plus de 80% ce qui a impact sur l’investissement physique au kilowattheure des sources variables. S’il faut par exemple dix kilogrammes de batterie pour restituer mille fois un kilowattheure. On aura utilisé dix grammes de matière au kilowattheure et probablement extrait au moins le double. De manière approchée, nous obtenons le bilan suivant :

Aujourd’hui l’accès à des batteries bon marché limite le développement le l’éolien et du photovoltaïque, mais leur déploiement sera limité par les surfaces disponibles. Peut-on vraiment imaginer sacrifier tous les toits de tuiles et couvrir la France d’éoliennes ?

Le passage au monde durable.
Au bout d’une vingtaine d’années les panneaux photovoltaïques et les éoliennes doivent être recyclés. Une éolienne ou un panneau n’est pas recyclable à 100%, les pales d’une éolienne doivent être brûlées, comme les plastiques des joints d’un panneau photovoltaïque. L’apport supplémentaire de matière pour un nouveau panneau peut être majoré par la valeur de 2 grammes par kilowattheure. Dans le cas d’une centrale nucléaire, au bout de soixante ans, on récupère le radier de la centrale, on pourrait même recycler l’acier circuit primaire en laissant reposer suffisamment longtemps. Et surtout pendant 5000 ans, il est inutile d’extraire d’uranium, car il suffira d’utiliser l’uranium appauvri accumulé par le premier déploiement du nucléaire. Le recyclage du nucléaire est supérieur à celui du solaire, ils se distinguent tous les deux de l’éolien, pour lequel il faut fournir encore un gros travail de génie civil. En prenant en compte les contraintes de surface disponible, on comprend pourquoi le nucléaire et le solaire sont promis au plus grands avenirs.

Messages

  • Je suis d’accord pour ces arguments qui montrent bien que les énergies renouvelables, en particulier l’éolien qui a le "vent" en poupe (!), consomment en fait beaucoup de ressources rares. Les opposer au nucléaire qui consomme de l’uranium (mais en consommera bien moins avec la 4ème génération surgénératrice) en disant que le nucléaire n’est pas renouvelable est donc un discours totalement biaisé.

    Concernant l’impasse des énergies renouvelables intermittentes qui nécessitent de recourir au stockage d’électricité, votre raisonnement n’est pas assez approfondi. Car si les batteries voire les STEP (stations de pompage) permettent une utilisation des énergies renouvelables en été avec des capacité de stockage de 6 à 48 h et un rendement voisin de 80%, c’est une autre histoire pour du stockage "intersaisonnier" qui permettrait de restituer l’hiver, lors des points de consommation associées à des creux de production (solaire notamment), les surplus d’électricité intermittente de l’été. Ces stockages n’existent pas, sauf au niveau de quelques laboratoires ! Et leur rendement est déplorable : 20% environ, ce qui disqualifie les quelques technologies dont parlent "savamment" nos Verts (sous le vocable Power to Gaz, voire "méthanation").
    L’ADEME a fait la promotion de cette technologie très futuriste dans son rapport "vers un mix 100% renouvelable", lequel rapport est erroné sur plusieurs aspects , dont celui du rendement de stockage, évalué de manière complètement fantaisiste dans leur rapport.
    La démonstration est là : http—difusons.fr-ademe-Pertes_energetiques_du_schema_Power_to_gas-Gas_to_power.pdf
    Cette contre étude a été fournie aux rédacteurs du rapport ADEME, qui pour l’instant n’ont pas corrigé leur calculs ni leurs conclusions.
    Qui passera ? l’idéologie ou la rigueur scientifique ?

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