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La transition énergétique ridiculisée

jeudi 1er mai 2014, par PH

Il faut suivre ce qui se passe en Allemagne, car l’Allemagne est le modèle énergétique des antinucléaires et de nombreux députés ou d’élus qui ont abdiqué la faculté de penser.

Après l’accident de Fukushima, l’Allemagne allait donc réussir la transition énergique de la pensée unique, c’est à dire sortir des énergies fossiles sans nucléaire, juste avec de l’éolien, du photovoltaïque et de la biomasse. Ce modèle est en crise :

Tout d’abord, les émissions de CO2 n’ont pas sensiblement baissé. Et surtout l’Allemagne ne sait pas gérer l’éolien et le photovoltaïque. La production éolienne est au nord et ne peut alimenter le sud, le déploiement de lignes de haute tension étant retardé par les oppositions locales.
Les productions éoliennes et photovoltaïques sont constituées de pointes de production que l’Allemagne est obligé d’exporter en perturbant les réseaux électriques de tous ses voisins. Et enfin, les prix de l’électricité commencent à peser sur les ménages et des entreprises.

Dans cette situation un économiste de renom Hans Werner Sinn peut expliquer calmement pendant deux heures devant le gratin munichois pourquoi il faut arrêter l’éolien et du photovoltaïque. Ce qui est remarquable, c’est que cet économiste possède une culture générale scientifique bien supérieure à ceux que les antinucléaires prennent comme caution, c’est à dire Monique Sené, Jean-Marie Brom ou Bernard Laponche, qui en sont restés à « la CIPR a dit... ». Visiblement Hans Werner Sinn, sait évaluer les dangers rayonnement. Il a donc ravalé l’antinucléarisme au rang de croyance et d’utopie politique.

Mais l’absurdité de s’enfermer de l’éolien et du photovoltaïque n’est pas reconnu seulement par des élites éclairées, les chansonniers populaires s’en donnent à cœur joie. Et là aussi La transition énergétique pour laquelle les députés français vont voter en juin est ramené au rang de croyance irrationnelle : Die gro[sse]Ko[alition] kann ! Mais François ne peut plus grand chose, devrions nous ajouter.

Face à un tel désastre le Vice Chancelier, Sigmar Gabriel, chef de file des sociaux-démocrates déclare lui même le 16 avril :
« La vérité est que la transition énergétique est sur le point d’échouer. La vérité est que, sous tous les aspects, nous avons sous-estimé la complexité de cette transition énergétique. La noble aspiration d’un approvisionnement énergétique décentralisé et autonome est bien sûr une pure folie ! Quoi qu’il en soit, la plupart des autres pays d’Europe pensent que nous sommes fous. »

Les allemands seront donc obligés de changer de politique énergétique, car la leur est impossible, même si la majorité de la population n’en n’a pas encore conscience.

Angela Merkel est une grande figure politique.

Nous sommes tellement habitués à la médiocrité de nos dirigeants que nous avons du mal à comprendre pourquoi agissent ceux qui arrivent encore à défendre les intérêts de leur peuple. Tout d’abord, pour suivre l’opinion, Angela a arrêté en 2011 la moitié des centrales nucléaires. On aurait pu croire un geste de faiblesse. Notons qu’elle a pris soin d’arrêter en particulier, celles du Bade Wurtemberg, interdisant ainsi, au nouveau président écologiste de cette région de se servir de la rente nucléaire pour financer ses projets. Ensuite, Angela devenu populaire a gagné la élections législatives. Mais elle voulu les gagner seule, sacrifiant son partenaire, pourtant le plus proche politiquement, le parti libéral démocrate. Geste incompréhensible pour un français qui oublie qu’en Allemagne, il ne s’agit pas de faire gagner la moitié d’un pays contre l’autre, mais d’arriver à un consensus. Angela a ainsi attiré aux responsabilités les sociaux démocrates. C’était donc un acte prémédité et non contraint comme on pourrait le croire. Car comme indiqué plus haut, le vice Chancelier , Sigmar Gabriel est désormais obligé, face aux réalités physiques et économiques de renier la transition énergétique construite depuis 2000. À partir d’une population à 80% antinucléaire, Angela Merkel est donc en train de construire une majorité politique à 80% pour la réforme de la transition énergétique et le redémarrage des réacteurs. Lorsque les réacteurs nucléaires redémarreront les émissions de CO2 baisseront et la facture d’électricité s’allégera. La population suivra.

Lorsqu’on pense que les Verts français viennent de lancer leur campagne européenne en promettant « zéro carbone et zéro nucléaire » et que leur alliés socialistes vont voter une loi dans ce sens en juin, on mesure combien notre classe politique est loin de la compréhension du réel et encore plus de sa maîtrise.

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