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Plus de pétrole en Europe et Bruxelles n’a rien fait

dimanche 18 mai 2014, par PH

L’Europe de Bruxelles vit dans l’illusion de l’abondance pétrolière, elle ne pense qu’à réduire les émissions de CO2, ce qui est compréhensible, et développer l’éolien le photovoltaïque, ce qui est moins rationnel. Certes, il arrive au Commissaire à l’énergie de s’inquiéter de la production pétrolière. Mais ce n’est que passager , et il préfère favoriser son industrie nationale éolienne. Nul ne contestera que la politique énergétique européenne est calquée sur la politique énergétique allemande, avec l’aval des gouvernements nationaux. Plus d’éoliennes, le nucléaire bridé et aucun souci sur les fossiles, voici les dernières prévisions des tendances de consommation énergétique données par la Commission européenne en 2013.

Dans aucun de ces scénarios, Bruxelles n’ imagine une baisse de sa consommation de pétrole, alors que l’Europe n’a presque plus de production pétrolière, celle-ci a été divisée par quatre depuis son maximum des années 2000 :

Et la production mondiale ne tient que grâce aux pétrole de roche mère, mais sur le marché mondial, l’Europe y est encore plus confrontée à la demande des pays émergents :

Le paquet 20/20/20, une erreur historique.

Le paquet énergie 20/20/20 est le socle de la politique énergétique européenne. Il vise à réduire les émissions de CO2 de 20%, augmenter l’efficacité énergétique de 20% et introduire 20 % d’énergies renouvelables hors nucléaire.

Le premier objectif conduit à fermer des centrales à charbon, ce qui est louable dans l’absolu, les deux objectifs suivants ont clairement pour origine les antinucléaires. L’éolien et le photovoltaïque produisent trop peu d’électricité, et trop cher il faut donc réduire la consommation électrique. Une conséquence de cette politique a été le développement des centrales à gaz. Elle produise deux fois moins de CO2 que les centrales à charbon. Bruxelles a l’obsession de l’approvisionnement en gaz, elle veut des gazoducs partout : North Stream ouvert en 2011, South Stream à travers la Mer Noire, Nabucco en Anatolie. D’une manière générale, la Commission a l’obsession des réseaux , mais ne se soucie pas de la production industrielle, culturelle ou énergétique.

L’autre erreur, l’hydrogène au lieu des batteries

La Commission européenne a clairement favorisé l’hydrogène au détriment des batteries. Même si aucun processus d’électrolyse n’était rentable, l’hydrogène était censé pallier aux besoin de stockage de l’éolien et du solaire. Les batteries sont elles bien adaptées au stockage journalier d’électricité nucléaire pendant les heures creuses. Aujourd’hui les fabricants de batteries sont majoritairement asiatiques. La Commission a donc été la victime des pseudos écologistes antinucléaires : sortir du nucléaire et du charbon, et peut-être du pétrole. Les scénarios antinucléaires comme négaWatt sont très légers sur les possibilités d’assurer la mobilité.

Remettre les priorités dans le bon ordre.

L’Europe est confrontée à la crise pétrolière compte-tenu dun plafonnement de la production et de la demande croissante en Asie. Ensuite, 2030 verra le plafonnement de la production de gaz, le charbon sera abondant jusqu’en 2050. Il faut donc sortir des fossiles dans le bon ordre. La Commission a certes poussé à la réduction des consommation des véhicules, mais il fallait aussi envisager leur électrification. Il faut aussi remplacer le fioul et le gaz dans le chauffage par de l’électricité et de la biomasse. Cela réclame plus d’électricité, surtout l’hiver lorsque la production photovoltaïque est faible. Il fallait donc garder les centrales à charbon le temps de construire des réacteurs nucléaires. Il fallait réserver la biomasse au chauffage et aux biocarburant et sauf cogénération ne pas l’affecter à la production électrique. De cette manière , on sortait d’abord du pétrole, puis du gaz et du charbon.

La Suède donne l’exemple d’ une politique énergétique cohérente

Au contraire de l’impasse énergétique initiée par l’Allemagne et généralisée en Europe, qui ne permet pas de sortir des énergies fossiles ; la Suède offre l’image d’une politique énergétique cohérente. La production d’électricité repose sur l’hydraulique et le nucléaire, la Suède prolonge la durée de vie de ses réacteurs même de ceux du type Fukushima. Le chauffage des bâtiments ne consomme presque pas d’énergie fossile, mais de l’électricité et de la biomasse par l’intermédiaire de réseaux de chaleur. L’accent est mis sur l’isolation thermique et le développement des pompes à chaleur. La Suède a donc des marges pour sortir du pétrole dans les transports par le gaz, les batteries et les biocarburants.

Conclusion

Il était possible d’éviter la crise pétrolière, mais manipulée par les groupes de pression, Bruxelles a mené la politique des antinucléaires et a conduit l’Europe à la crise énergétique.

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