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En attendant la RT 2012...

*Le prééquipement, solution pour le bâtiment neuf et la rénovation

samedi 15 mai 2010, par PH

Il y a d’un côté les rêveurs aisés qui vantent la généralisation des maisons passives et de l’autre, il y a le monde du bâtiment, celui de la vraie vie : des projets, des délais à tenir, des habitudes, des réglementations et surtout celui ... des coûts.

Il est indéniable que le monde économique vit à court terme, comment pourrait-il en être autrement ? Et la plupart des professionnels ont été formés et ont évolué dans un monde dans lequel l’énergie était bon marché, cette inertie retarde les mutations urgentes qui doivent nous préparer à la crise énergétique qui débute.

Une nouvelle réglementation thermique enfin solide, doit voir le jour en 2012. Cette réglementation fera-t-elle baisser suffisamment les consommations des logements neufs [1] ? Probablement, mais prenons acte aussi que la RT 2005 n’est pas entièrement appliquée sur le terrain et que la RT 2012 ne sera appliquée que pour les permis de construire déposés après son décret d’application. Il y a donc un délai de 4 à 5 années pendant lequel un million de logements seront construits sans que l’on prennent en compte le plateau de production de pétrole. Les antinucléaires, associés au lobby fossiles tentent même d’imposer le gaz au lieu de l’électricité comme mode de chauffage dans les logements.

Certes, une maison passive ce n’est que 5 à 15 % de surcoût, mais c’est 5 à 15% de surcoût sur le principal capital des français et sur un poste de dépense important ; il n’est pas étonnant que ceux qui font construire regardent les équipements performants comme un contrainte plutôt qu’un investissement. Saluons les ingénieurs comme Bernard Reynier [2] qui relèvent le défi d’associer la performance thermique à un coût raisonnable.

Pour le million de logements qui doit être construits entre 2010 et 2015, qui échapperont à la RT 2012, nous proposons quelques modifications à des coûts très faibles qui permettront aux logements de procéder à une diminution brutale de la consommation d’énergie, c’est ce que nous appelleront le PRÉÉQUIPEMENT.

1) Les pompes à chaleur constitueront à l’avenir le principal moyen de se chauffer, dans les logements, mais pour passer à la pompe à chaleur, il faut faire communiquer la pompe avec le milieu extérieur. Ceci nécessite l’existence d’un conduit souterrain : soit parce que la pompe est géothermique, soit parce que l’on place aujourd’hui l’échangeur air/eau assez loin de la maison. Nous suggérons donc de laisser dans chaque logement, lors de la pose de la dalle un premier tuyau coudé à travers la dalle et sous les fondations.

2) La VMC consiste aujourd’hui à prélever de l’air extérieur et à rejeter de l’air de la maison à l’extérieur.

Ce système à deux défauts :
En hiver, on prélève de l’air froid et on rejette de l’air tiède chauffé.
En cas de canicule, on prélève de l’air très chaud de l’ après-midi pour aérer la maison.

Lors de la construction d’une habitation, il est possible de préparer la maison à une ventilation plus intelligente, même si on installe seulement une VMC ordinaire.

Pour cela, il faut laisser un second conduit souterrain à travers la dalle et les fondations d’au moins 20 cm de diamètre et il faut envisager en particulier entre les étages le passage de conduites aérauliques.

Dans les combles, il faut en outre, prévoir une évacuation d’eau pour récupérer la condensation d’un échangeur de VMC double flux ou d’une pompe à chaleur sur l’air expiré.

L’idéal est de pouvoir relier le puits provençal à la VMC double flux qui remplacera la VMC ordinaire dans les combles.

3) Ceux qui se sont intéressés aux maisons solaires savent qu’elles maximisent la surface d’exposition au sud par une serre. Il est donc possible de transformer les maisons en maisons solaires par l’adjonction d’une sorte de véranda, sauf que dans ce cas il est nécessaire d’avoir pensé à isoler la terrasse au sud dès la construction. D’ailleurs l’isolation au sol des maisons devait être portée déjà à 4 m2K/W puisqu’on ne peut plus la modifier ensuite.

4) Il est probable que certains murs seront isolés par l’extérieur, une fois les logements construits. Ce sera le cas en particulier des murs situés au nord et à l’ouest [3]. Il est donc nécessaire de prévoir des corniches ou des débords suffisamment larges pour que l’on puisse ajouter 20 cm d’isolant.

Lorsqu’une maison devient très isolée, pour ce prémunir des canicules futures, il est nécessaire de laisser des possibilités d’aération nocturnes par le barreaudage de fenêtres du rez-de-chaussée.

5) Il n’est pas sûr que les chauffe-eau solaires se révèlent d’un vrai intérêt macroéconomique par rapport aux chauffe-eau à effet Joule qui permettent de réguler les productions électriques [4] ; néanmoins un chauffe-eau solaire peut prolonger la vie d’une PAC qui assurerait l’ECS, en limitant son fonctionnement à la moitié de l’année. Dans ce cas il faut prévoir une possibilité de placer les panneaux verticaux ou "en casquette" pour éviter les surchauffes d’été et maximiser les production en hiver [5].

Nous voyons donc que c’est seulement en prévoyant à moyen terme les investissements que l’on pourra faire après l’amortissement d’un logement, qu’ il sera possible de sortir assez rapidement des énergies fossiles à un coût économiquement supportable.

Par exemple, même si les antinucléaires arrivaient à imposer la norme de 50 kWh/m2/an en énergie primaire, qui limite l’usage de l’électricité dans le chauffage, il serait possible grâce aux modifications indiquées ici de brancher une PAC air-eau sur le circuit de chauffage lors du pic de production gazière prévu entre 2030 et 2040.

La durée de vie d’un bâtiment est supérieure à 60 ans, par conséquent un bâtiment construit aujourd’hui connaîtra le pic pétrolier, le pic gazier, le pic charbon et les premières conséquences sérieuses du réchauffement climatique : si on ne peut pas construire autrement aujourd’hui, il ne faut pas interdire les possibilités de s’adapter à ces crises dans l’avenir.


[1autour de 50 kWh/m2/an en moyenne nationale pour l’ensemble des consommations : chauffage, ECS, climatisation et éclairage

[2ingénieur INPG, fondateur du cluster du bâtiment économe : www.batimenteconome.com

[3d’ailleurs il est conseillé de laisser ce mur ouest aveugle en climat méditerranéen

[4cf l’article sur la saisonnalité sur ce même site : http://www.energie-gouv.fr/spip.php?article7

[5On trouvera sur le site de l’institut national de l’énergie solaire : http://www.ines-solaire.com/donnesoutils.htm, les outils de calculs qui confirment ce fait et démontrent l’absurdité de vouloir intégrer les panneaux aux toits plats

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