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Pour un nucléaire citoyen

vendredi 22 mai 2015, par PH

L’éolien se targue d’être citoyen. Est-ce un acte citoyen de balancer une production électrique fluctuante qu’on ne maîtrise pas sur le réseau électrique à partir d’une structure d’acier importée, qui dénature le paysage sur plusieurs kilomètres ?

En France, le nucléaire est déjà citoyen, puisqu’ une entreprise publique à partir de très faibles importations couvertes par les exportations d’électricité, produit une électricité propre sans CO2 en ne perturbant pas la radioactivité naturelle.

Aujourd’hui, le défi est d’augmenter la capacité nucléaire de 50% pour sortir des énergies fossiles en conservant un peu de croissance économique pour gérer le vieillissement de la population.

Malheureusement, les ingénieurs compétents ont déserté le sommet de l’état, on n’ose citer ce qui conduisent aujourd’hui la politique de la France. De toute manière, le milieu politique est incapable de comprendre ce genre de problème scientifique. Jancovici estime que seulement deux à dix députés sont conscients des enjeux. Comment pourrait-on faire confiance à la représentation nationale alors qu’elle a saboté le plus grand surgénérateur du monde entre 1990 et 1997 et qu’ aujourd’hui elle prive nos enfants des quelques réacteurs dont ils ont besoin pour sortir des énergies fossiles ?

Le CEA et EDF n’ont aucune marge de manœuvre, comme l’a montré le Conseil de politique nucléaire du 14 octobre 2013, qui a entériné la fermeture de Fessenheim. Le sursaut ne peut venir que de la Nation, elle-même.

Le nucléaire est le troisième employeur industriel de France, après l’automobile et l’aéronautique, 400 000 emplois sont liés au nucléaire en France, dont une grande proportion de cadres et techniciens. Il est donc tout à fait réalisable de créer un fond d’investissement de l’ordre d’un milliard d’euros. C’est un montant tout à fait réaliste, compte-tenu de la part des français favorables au nucléaire et du montant de l’épargne globale. L’encours du livret A et du livret de développement durable (ex Codevi) réunis dépasse 300 milliards d’euros.

Ce fond pourrait être géré par un conseil d’administration à la rémunération plafonnée. Il est d’ailleurs probable que tous les membres retraités renonceront à leur jetons de présence. Un exemple à suivre pour l’oligarchie financière. Il comprendrait nécessairement plusieurs membres de l’Académie des Sciences, plusieurs membres d’associations indépendantes comme Sauvons le Climat ou l’AEPN ainsi que des représentants des agents EDF et des sous traitants.

Son but serait de récupérer la part d’un électricien étranger de Fessenheim, puis d’investir dans Penly. Une fois Fessenheim sauvé, les épargnants recevront une rémunération de leur épargne. Il s’agira ensuite de participer à la construction d’Astrid et de plusieurs EPR. Il y aurait à terme 3 acteurs nucléaires en France : deux entreprises publiques EDF et Areva qui ont des capitalisations de l’ordre de la dizaine de milliards d’euros et une structure citoyenne ou coopérative, qui pourra attirer jusqu’ à un million d’épargnants. Le nucléaire aurait alors une large base citoyenne et participative.

Travailleurs, ingénieurs, retraités de l’atome, ou citoyens conscients des enjeux énergétiques, souvenons-nous comme nous avons été trahis en 1997 ! Souvenons-nous comment le nucléaire est insulté continuellement par une presse perfusée de subventions publiques, dont les journalistes ne savent pas ce qu’est un atome ! Seule une mobilisation qui s’appuie sur le poids économique réel de l’industrie nucléaire peut renverser la situation.


Voir en ligne : chanson à prendre au premier degré, lorsque les antinucléaires parlent de ce qu’ils ne comprennent pas

Messages

  • Ouais, finalement, à vous lire on aurait l’impression que le nucléaire souffre de la même façon que l’enseignement supérieur, la recherche, l’éducation nationale, la culture, la santé, l’armée, la police, la justice, ... Vous mettez donc les entreprises liées au nucléaire civil et militaire français dans le secteur public. À ce titre elles ne sont pas beaucoup plus malmenées que les autres acteurs du secteur public à mon humble avis. C’est fort triste en effet. Et c’est fort utile de rappeler ce désengagement de l’état en lui-même.

    Une question toutefois, il me semblait qu’AREVA et EDF étaient des entreprises, me tromperai-je ? À contrario de tous les autres exemples cités, c’est bien la mauvaise gestion d’Areva par ses propres dirigeants qui la coule, non ? Pas le désengagement de l’état, ou aurai-je mal compris ? Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’analyses économico-sociales sur ce site ; ni d’analyse détaillée des pantouflages AREVA-EDF <-> ministère de l’énergie, de l’écologie, de l’industrie, ... ; ni d’analyse détaillée des possibles luttes d’influences entre grandes écoles et instances dirigeantes des grands groupes industriels français liés au nucléaire, plus généralement à l’énergie ; ni d’analyse des sphères d’influences politiques (autrement appelées lobbys) au sein des parlements ... C’est donc un peu le bazar dans ma tête, désolé. J’ai bêtement l’impression que ce que vous demandez existe déjà : faire d’Areva une société anonyme. Il me semble que dès aujourd’hui n’importe qui peut participer à son capital. Pourriez-vous s’il vous plaît m’aider à comprendre votre intéressant point de vue de façon plus précise ? Merci d’avance.

  • la question est : est-ce réalisable ?
    moi je suis partant !

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