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EPR, 8,5 milliards d’euros : pas assez cher, mon fils !

Un Nouveau procès de RIOM

samedi 2 mars 2013, par PH

Les écologistes antinucléaires ont demandé le lundi 25 février, que soit ouverte une commission d’enquête sur le coût de l’EPR. Ils feraient mieux de lancer une commission d’enquête sur le photovoltaïque dont le surcoût annuel passe à 2 milliards d’euros par an pour une efficacité négligeable.

Les critiques de l’EPR s’accompagnent assez souvent d’une comparaison
avec le coût du kWh éolien. On pourra que noter le ridicule de tels
commentaires qui comparent le prix du kWh éolien à celui issu de l’EPR
qui produit, lui une électricité programmable.

Le seul calcul valable pour l’EPR est le calcul du coût sur la durée de vie : à 9 milliards d’euros, en produisant 1 TWh par mois sur 60 ans, le coût de l’investissement de EPR sur le kWh serait de 3,3 centimes d’euro.

En fait en remboursant sur 20 ans, 9 milliards d’euros représentent 5,4 centimes sur le coût du kWh.

Pour avoir le coût du kWh sans le transport, mais incluant le traitement du combustible et le démantèlement, il faut ajouter 3 centimes d’euros.

Ce qui nous donne un kWh à 8,4 centimes d’euros, et proche de 7 centimes d’euros sur la durée de vie. Les coûts de rachat de l’éolien au photovoltaïque se sont échelonnés entre 8 et 60 centimes d’euros pour une électricité fluctuante et non garantie.

Il n’y a donc pas d’échec de l’EPR. D’ailleurs les deux EPR de Taishan, seront achevés dans les délais. Il y a des retards en Finlande et en France, mais les durées de construction restent comparables aux durées de construction d’autres réacteurs du programme nucléaire.

Mais on peut en effet se demander pourquoi nous sommes allés construire une tête de série en Finlande. La réponse sera alors : parce que les écologistes antinucléaires membres de la majorité plurielle ont arrêté le programme nucléaire en 1997. Construire à l’étranger , s’est coordonner une équipe internationale et se frotter à une autorité de sûreté étrangère, on peut comprendre que ce soit un peu plus difficile.

Pourquoi en France, le chantier avance-t-il plus rapidement, mais pas autant que l’on souhaiterait ?

Entre 1997 et 2002, il fallait relancer la construction d’un réacteur pour maintenir l’outil industriel et les compétences, la dernière construction datait de 1988, le temps de changer de majorité en 2002, le premier béton de l’EPR de Flammanville a été coulé fin 2007 presque vingt ans après celui de Civaux. Il est plus difficile de recommencer un chantier avec des équipes totalement nouvelles, mais en plus la majorité plurielle a ajouté des difficultés comme les 35 heures.

Les écologistes antinucléaires veulent donc non seulement enquêter sur de faux échecs, car l’EPR produira beaucoup mieux et presque autant, que le parc éolien qu’ils ont mis dix ans à construire ; mais en plus ils risquent de mettre en lumière les conséquences des décisions politiques qu’ils ont eux-mêmes prises.

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