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**La crise énergétique a déjà commencé

LA CHUTE

mercredi 13 février 2013, par PH

Nous avons été tellement habitués à l’abondance en énergie fossile, que nous pensons qu’il y en aura toujours. N’avons nous pas survécu à une crise pétrolière ? N’y-a-t-il toujours pas eu de l’essence à la pompe ? Malheureusement, cette expérience nous trompe : depuis le contre-choc pétrolier de 1986, les découvertes de pétrole, n’ont jamais compensé la consommation En fait nous avons survécu aux premiers chocs pétroliers comme un fumeur à qui on aurait ôté un poumon et qui continuerait à fumer.

Les ressources diffuses comme les hydrocarbures de roches mères ou le renouvelable officiel ne changent pas grand chose. Les annonces des spectaculaires des médias finissent toujours par se dégonfler en ressources modestes. Nous avons exploité les ressources les plus faciles : champ pétrolier sur terre, mines à ciel ouvert, accéder aux dernières ressources devient de plus en plus difficile. Il faut aller dans des endroits plus reculés, exploiter des ressources plus profondes, ou s’étendre, comme pour le renouvelable officiel sur des surfaces les plus grandes.

La disponibilité en énergie fossile reste donc un facteur crucial pour l’économie mondiale, seuls quelques pays comme la France ou la Suède arrivent à limiter cette dépendance au fossile grâce aux filières nucléaires.

Pour évaluer la disponibilité en énergie fossile, il faut avoir une idée du stock global que l’on pourra exploiter, stock que l’on désigne sous le terme d’Ultime. L’évaluation de cette quantité a été faite soigneusement par Jean Laherrère et d’autres géologues de l’ASPO. C’est une référence en la matière : Jean-Laherrère avait prédit le plafonnement de la production de pétrole dès 1998, dans un célèbre article de Scientific American, alors que l’Agence internationale de l’énergie prédisait des prix du baril ridicules. L’ultime pour le pétrole correspond à 3000 milliards de barils (3 Tb), c’est un ordre de grandeur partagé en France, aussi bien par l’IFP, que par Total. Pour le charbon et le gaz, l’incertitude de l’estimation est plus importante : avec une estimation moyenne du charbon et un peu réservée du gaz, les profils de production seraient les suivants :

Maintenant, il faut prendre en compte l’augmentation de la population mondiale. On observe la disponibilité en énergie fossile et en énergie primaire par habitant :

La consommation de pétrole croît par habitant jusqu’aux chocs pétroliers (1973-1986) période à laquelle se développe les programmes nucléaires et des constructions de barrages hydrauliques. La consommation d’énergie fossile chute à nouveau avec la faillite économique du bloc de l’est (1989-1995), et puis c’est reparti comme en 50 ! La croissance de l’Asie fait exploser la consommation de charbon depuis 2000 : La Chine consommait moins de 1.5 Gt de charbon en 2000 et 3 Gt aujourd’hui. L’économie mondiale va se retrouver confronté à une crise des ressources dès la fin de la décennie. L’Europe qui n’a pas d’énergie fossile sera la plus vulnérable.

Remplacer une centrale nucléaire sûre comme Fessenheim par une centrale à gaz, comme l’ont souhaité Waechter, Trautmann, Hollande, ...est un non sens. Et comme le disait un ancien directeur d’école de géologie : les centrales au gaz que nous construisons aujourd’hui, ne seront jamais amorties.

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