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CINQUIÈME PARTIE

Sur quoi repose l’illusion négaWatt

mercredi 11 juillet 2012, par PH

Un programme de rénovation thermique

Le cœur du scénario est un programme de rénovation des logements. Il s’agit de rénover les logements lors des mutations. Ce programme repose sur une étude d’Olivier Sidler : Rénovation à basse consommation d’énergie des logements en France. Malheureusement, si elle techniquement intéressante cette étude repose sur des hypothèses physiques et économiques fausses.

Une erreur sur le gisement d’économies d’énergie et sur son coût

Selon Sidler le parc ancien construit avant 1975, c’est à dire pratiquement sans aucune réglementation thermique consommerait 328 kWh/m2/an en énergie primaire pour le chauffage. En redescendant à 50 kWh/m2/an , on économiserait 280 kWh/m2/an et le coût du kWh économisé reviendrait à 5 c€ pour un investissement de 200 €/m2 :

Quelle est le vrai gisement d’économies d’énergie : recherchons la consommation d’énergie finale pour les logements d’après Orselli (2005) :

La consommation d’énergie primaire se confond avec celle d’énergie finale car dans les bâtiments construit à cette date utilisait peu le chauffage électrique :

La consommation de chauffage est de 18,6 Mtep soit 216 TWh pour 1,18 Gm2 soit 183 kWh/m2/an. D’autre part, le coût de l’isolation est au moins de 400 €/m2. D’ailleurs même Thierry Salomon, le président de négaWatt cite lui-même le chiffre de 30 000 € et non de moins de 20 000 € pour une rénovation négaWatt. L’économie est presque deux fois moindre : 133 kWh au lieu de 280 kWh. On arrive donc à des coûts de l’ordre de 20 c€/kWh, il y a donc une erreur d’un facteur 4 !

NégaWatt s’enfonce dans l’erreur

Mais pire encore, négaWatt propose de rénover thermiquement les bâtiments construits après 1975, qui consomment autour de 100-120 kWh/m2/an. L’économie est encore deux fois plus faible et on arrive à un facteur 8 sur le coût du kWh économisé.

Pour 600 000 logements rénovés entre 30 000 et 40 000 €, le coût du programme négaWatt nécessiterait entre 18 et 24 G€/an d’investissement avec un surcoût économique de 12 à 18 G€.


Le scénario qui minimise les coûts

Le programme d’isolation qui minimise les coûts consiste à isoler les bâtiments d’avant 1975 pour descendre à une consommation de 80-100 kWh/m2/an et pour au maximum 200€/m2 puis de placer une pompe à chaleur. On isole alors au coût du chauffage électrique. Le surcoût serait sensible seulement pour les ménages initialement chauffés au gaz. Le surcoût peut-être estimé à 6 G€/an soit 10% de la facture fossile.

Vers 12 c€/kWh d’autres solutions peuvent également être envisagées :
- réseau de chaleur à partir de biomasse.
- Pompe à chaleur sur boucle fleuve une boucle mer ou une sortie de sortie tiède de réacteur nucléaire.
- chauffage électrique associée à une chaudière consommant des combustibles obtenus par l’hydrogénation de la biomasse ou du CO2.

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