Accueil > Questions énergétiques > Désinformation manifeste > Comment faire un bon documentaire sur Fukushima

Comment faire un bon documentaire sur Fukushima

lundi 16 juillet 2012, par PH

Il n’y a pas de raison rationnelle de s’opposer au nucléaire : les bilans physiques, sanitaires et économiques plaident pour l’utilisation raisonnée de l’atome. Pourtant, si vous adhérez à la religion antinucléaire, nous allons quand même vous aider à faire un bon reportage à Fukushima.

Pour cela nous allons prendre comme base la rediffusion du documentaire IN VIVO qui a eu lieu le 4 juillet 2012 dans le Magazine de la santé sur France 5 : Fukushima : un an après.

Le reportage a été tourné en mars, ouf ! il y a encore de la neige. En effet les ions césium et le strontium sont solubles dans l’eau, ils seront bientôt entraînés par les lessivage soit dans la mer, soit dans le sol.

La radioactivité est faible et sans danger, votre rôle est de trouver des gens angoissés et des zones où les ions se sont accumulés.

Parfait , vous avez trouvé quelqu’un d’angoissé, mais vous avez laissé dire qu’elle était modeste, donc dans une société industrielle, probablement peu éduquée. On pourrait penser que son angoisse repose sur son ignorance.

Heureusement des militants vous aident. La radioactivité est faible, mais elle peut s’accumuler là où la pluie l’a concentrée. Comme les membres de l’AEPN recherchent les zones habitées de plus forte radioactivité naturelle (La Bourboule, Ramsar, Gaurarpari) ; votre but est de faire crépiter un compteur Geiger, quelque part même si personne ne passe devant. On vous emmène devant une vieille maison, la gouttière semble bouchée, l’eau de pluie a entraîné le césium, personne n’irait s’asseoir là ; mais en posant le dosimètre dessus, ce qui n’a aucun sens, vous arrivez à faire afficher 10 microsievert par heure !

Vous rencontrez des décontaminateurs, mais pourquoi les laissez-vous dire qu’ils ôtent la terre, là où la radioactivité est supérieure à 2,5 microsievert par heure ? Les téléspectateurs pourraient comprendre que la plupart de la ville est en dessous de ce niveau.

Afficher des grandes valeurs sur un dosimètre, ne rend pas compte de l’exposition de la population

En fait le principe, est suivant au lieu de mesurer une valeur moyenne comme les millimètres de précipitations lorsqu’il pleut, vous cherchez les hauteurs d’eau dans les zones inondées. Cette comparaison est très proche de la réalité, si le terrain n’est pas plat, les ions dissous dans l’eau se retrouvent dans les flaques. Ici il faut donc mesurer la radioactivité des anciennes flaques et non la radioactivité moyenne. En plus en vous rapprochant de ce qu’on appelle un point chaud, vous pouvez récupérer un flux de rayonnement plus intense. Car le rayonnement s’étend sur une surface moins grande.

Parfait, vous avez indiqué que vous étiez à 65 kilomètres de la centrale sans avoir précisé que les aérosols s’étaient déposé dans une bande :

D’autres gens angoissés vous invitent chez eux, mais pourquoi votre caméra est-elle passée devant le dosimètre indiquant 0,2 micosievert par heure !


Une possible évaluation de l’exposition moyenne qui contredit le ton du documentaire

Le calcul devient simple si on passe 2/3 du temps dans un bâtiment et 1/3 du temps dehors (où l’on reçoit 2 microsievert par heure), la dose reçue serait de 7,2 mSv par an proche de celle reçue à Clermont-Ferrand (5 mSv) ville dans laquelle même à l’intérieur des maisons, on échappe pas au radon....Mais, qui passe vraiment le tiers de son temps à l’extérieur, à Fukushima City ? Et là, où on passe son temps dehors : terrasses de restaurants, cour d’écoles, etc... Un bon lavage a été fait.

Après des commentaires alarmistes, vous pouvez maintenant diffuser des erreurs scientifiques : il n’y a pas eu de malformations supplémentaires parmi les enfants des descendants de Hiroshima et Nagasaki ; mais vous allez dire que les faibles doses de radiations modifient le génome. Vous allez dire que les radiations provoquent des maladies cardiovasculaires, ça n’a jamais été validé : un dixième des atomes de potassium 40 se désintègrent avec un photon gamma plus énergétique que celui émis par la désintégration du césium 137 et chacun de nous en subit 400 par seconde. Vous allez faire dire que la radioactivité est nocive dès la plus petite dose supplémentaire, ça n’a jamais été prouvé...

Dans votre conclusion, vous pouvez faire fi d’un demi-siècle d’étude de radioprotection en sortant quelque chose du type « on ne sait pas ce qui peut arriver, mais on peut imaginer le pire »" alors que la phrase correcte aurait été : on sait ce qui peut ne pas se passer, et par conséquent, on ne peut pas imaginer le pire.

Un grand cardiologue, le Professeur Alain Cribier, a été invité de l’émission, il partage l’angoisse que vous avez diffusée. En effet, c’est la fin de l’émission, on n’a pas le temps de comprendre que votre reportage était une manipulation, que les services radioprotection ne sont pas des irresponsables, que vos mesures aussi peuvent être soumises à la critique, même si vous vous croyez intouchable. Vous profitez d’une caution scientifique.

Evitez de publier un livre antinucléaire auparavant [1] qui ruinera votre crédibilité de journaliste, surtout si vous avez écrit dedans que la radioactivité était en avril 2011 et en juin 2011, déjà nettement inférieure aux valeurs que vous annoncez dans votre reportage sur Fukushima, un an après. c’est à dire, en 2012... [2]


[1Le livre noir du nucléaire,

[23.8 microsievert par heure, fin avril 2011 et 2.6 microsievert par heure en juin 2011

Messages

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?