Accueil > Questions énergétiques > Déconstructions > Analyse du scénario négaWatt > Carburants dans négaWatt 2011 : les experts négaWatt sont-ils des experts (...)

TROISIÈME PARTIE

Carburants dans négaWatt 2011 : les experts négaWatt sont-ils des experts ?

UN PONT TROP LOIN

mercredi 11 juillet 2012, par PH

Ils sont arrivés tout fiers le 29 septembre dernier, en criant « méthanation ! méthanation ! » et leurs admirateurs les ont applaudi bêtement.

Tout ingénieur géologue sait bien qu’il vaut mieux trouver un puits de pétrole, qu’un puits de gaz naturel. Le second réclame beaucoup plus d’investissement pour son transport... Les experts négaWatt peuvent toujours arguer du réseau de gazoducs existant , le gaz restera toujours plus difficile à transporter et à stocker qu’un carburant liquide. Même en compressant à 200 bars le méthane est 2 fois moins dense énergétiquement que le méthanol, 4 fois moins que l’essence, 5 fois moins que le diesel : on peut imaginer la taille des réservoirs.

Il n’est pas difficile de corriger négaWatt : laissons leur un avantage : nous imaginons que l’énergie de la compression à 200 bars est récupérée, nous ne comptons pas la la différence d’énergie pour transporter le combustible du lieu de production au point de ravitaillement, nous conservons leur hypothèse de véhicules à turbines.

Concentrons nous sur le problème énergétique : on part de CO2 et de H2 issu de l’électrolyse de l’eau.

négaWatt propose de faire du méthane par la réaction :

4 H2 + CO2 = CH4 + 2 H2O

à partir de 4 moles de dihydrogène, on obtient une mole de méthane (gaz naturel), dont la combustion dégage 800 kilojoules (222 Wh) . Comme l’hydrogène est obtenu par électrolyse, nécessite 50 Wh par gramme, le rendement énergétique est au plus de 55%

Pourtant, on peut faire plus simple : il es assez facile d’hydrogéner les doubles liaisons C=O, et on arrive très facilement au méthanol CH3OH par :

3 H2 + CO2 = CH3OH + H2O.

La combustion d’une mole de méthanol dégage 637 kilojoules mais il est obtenu à partir de 3 moles de dihydrogène seulement, le rendement énergétique est proche de 58%.

Nous sommes ramenés au problème de notre géologue : dans le cas de la méthanation, on a un gaz alors que dans le cas du méthanol, on a un carburant liquide qui peut être mélangé à l’essence ordinaire, le méthanol a d’ailleurs déjà été commercialisé comme carburant coupé avec 15% d’essence ordinaire sous le nom de M85.

Quel est le choix rationnel ?
Qu’en déduisez-vous concernant l’expertise de négaWatt ?

Il est évident que lobby du gaz met en avant la méthanation, il faut bien garantir la rentabilité du réseau de transport de gaz lorsque la ressource déclinera à partir de 2030. Alors il ne faut pas s’étonner qu’il il y ait des pilotes en Allemagne et la presse reprend en cœur [1] [2] en annonçant même des rendements de 60% [3]

La réaction de conversion du CO2 en méthanol est est connue industriellement (Lurgi AG) et des pilotes à partir d’énergie renouvelables existent en Islande (Carbon Recycling International) et au Japon (Mitsui chemicals).

Souvenez-vous l’Union Européenne a favorisé l’économie hydrogène au détriment des batteries. Aujourd’hui, les fabricants de batteries sont en Asie.

Souvenez-vous, ils ont fait fermer Superphénix et fait subventionner honteusement le photovoltaïque importé.

Alors si vous croyez qu’il existe un lobby nucléaire, et si vous croyez toujours que les responsables de négaWatt sont des experts, alors demandez-vous pour qui roule cette association.


[3ce serait le rendement en considérant le PCS, ce qui peut se comprendre qu’en prenant le cas d’ une chaudière à condensation, mais pas celui d’un carburant.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?