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« Le problème de classe de sixième » de Benjamin Dessus et d’Hélène Gassin

JURASSIC PARK

lundi 15 octobre 2012, par PH

Benjamin Dessus est une figure du mouvement antinucléaire, il a publié récemment avec Bernard Laponche : En finir avec le nucléaire. Il a le titre d’ingénieur et d’économiste. Aujourd’hui, il préside Global Chance.

Malheureusement, il est souvent invité comme spécialiste de l’énergie. En effet, né en 1939, il est arrivé dans les classes creuses qui ont gravi facilement les échelons : il a été président de l’ADEME en 1982 puis il a rejoint le CNRS. Comme soixante-huitard, il a un esprit critique. Il a démonté, comme nous, des utopies énergétiques , en particulier celle de Rifkin ; mais malheureusement, il est hostile à l’atome.

Nous aussi, nous avons acquis cet esprit critique. Voilà ce qu’écrit Benjamin Dessus avec Hélène Gassin page 42 de So Watt paru en 2004 aux éditions de l’aube [1] :

« Quelle est la part d’importation de pétrole dans le coût total d’une voiture qui fait 15 000 kilomètres par an pendant 10 ans ?

Solution :
coût de l’essence 10 500 L x1,20€/L = 12 600 euros
achat : 10 000 euros
entretien : 12 000 euros

coût du pétrole d’importation : 66 baril à 33,3 € le baril : 2200 euros »

Et Benjamin Dessus conclut :

« La part d’importation dans le coût du kilomètre parcouru est donc de 2200/34 6000, soit 6,4 %, ce qui n’est guère différent du résultat obtenu pour la part d’uranium importé dans le coût du kWh nucléaire (environ 5%)
 »

Rien ne vous choque ?

Déjà en 2004-2006, le prix d’importation de l’uranium sur le kWh ne représentait pas 5% mais moins de 2% du kWh sorti de centrale : 8000 tonnes d’uranium naturel à 15€ la livre de 454 grammes pour 400 TWh (12 G€) et moins de 1% du prix TTC.

Mais surtout l’électricité sauf pour les candidats au suicide n’est pas destinée à un usage final, comme pour la voiture, il faut acheter une machine pour l’utiliser : si l’on fait le tour de son habitation, pour prendre en compte le coût final, il faut tenir compte, du prix des ampoules, de l’électroménager, des appareils électroniques ...

Sur 10 ans, nous pouvons faire le même calcul :

appareils électriques : 6000 euros

électricité au compteur 40 000 kWh : 4800 euros

coût d’importation : 800 g d’uranium naturel avec une livre plus chère à 50 € : 88 euros soit 0,8 %

En moyenne le coût moyen d’une voiture est de 28 c€/km selon l’ADETEC, pour 7 litres au cent et 60 €le baril sans prendre en compte le coût du raffinage : 7/159/100*60 soit 2,64 centimes : 10 % d’importation.

Enfin, le calcul de Benjamin Dessus est non seulement faux à la date de sa rédaction, malhonnête car il compare un coût d’usage final au prix d’une énergie, mais aussi totalement déconnecté des réalités industrielles :

Le programme nucléaire a été conçu pour que les exportations d’électricité couvrissent le coût des importations d’uranium naturel. Ce qui a bien été le cas. Pour faire de même avec le pétrole, il aurait fallu que la valeur ajoutée des produits raffinés que nous réexportons compensât le coût d’importation du pétrole et du gaz que nous utilisons, ça n’a jamais été le cas : nous sommes déficitaires en importations d’hydrocarbures bruts et raffinés de l’ordre de 60 milliards d’euros, alors qu’avec l’arrêt des réacteurs allemands, les exportations d’électricité dépassent les le coût des importations d’uranium avec un solde positif de l’ordre du milliard d’euros comme l’indique ce tableau issu du blog énergie.


[1ISBN2-7526-0222-7

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